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Djibonding n’aurait pas dû sortir sans son garde du corps
L’année ne sera pas blanche au niveau du secondaire.

Après la publication de notre article relatif à l’agression perpétrée par des étudiants de la FSJP sur la personne du professeur de droit administratif,

Djibonding Dembélé (L’Indépendant n°1959 du lundi 19 mai) le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, à travers son Chef de cabinet, Dr Yaya Coulibaly, assisté du chargé à la Communication, Mamady Tounkara, a cru bon d’apporter son éclairage.

Il ressort notamment des précisions fournies que, contrairement à la version du SNESUP, l’intéressé, qui a été molesté entre 19 h 20 et 20 heures, n’était pas en train de dispenser un cours, même si l’agression a effectivement eu lieu dans l’enceinte de la FSJP.

Et que le professeur Djibonding Dembélé n’aurait pas dû sortir sans son garde du corps, dans la mesure où l’Etat, soucieux d’assurer la sécurité des enseignants, conformément au protocole d’accord signé récemment entre les deux parties, a affecté,

il y a de cela quatre mois, à ceux qui, se sentant menacés, en avaient fait la demande, des éléments pour leur protection rapprochée.

Ce qui était le cas de Djibonding. Le Chef de Cabinet du ministre Amadou Touré a saisi l’occasion pour déclarer qu’il n’ y aura pas d’année blanche au niveau du secondaire où les cours se sont déroulés normalement depuis le début de l’année.

Le seul problème né du refus des enseignants de la COSES (Coordination des Syndicats de l’Enseignement Secondaire) est en voie de trouver une solution.

En effet, grâce à une mobilisation spéciale des enseignants (ceux de l’administration, ceux du privé, des vacataires…) les évaluations ont commencé hier dans le public par les terminalistes et s’étendront jusqu’au 30 mai.

Dr Yaya Dembélé a saisi l’occasion pour déclarer qu’il n’ y aura pas d’année blanche au niveau du secondaire où les cours se sont déroulés normalement depuis le début de l’année.

Le seul problème, né du refus par les enseignants de la COSES (Coordination des Syndicats de l’Enseignement Secondaire) d’évaluer les devoirs et les compositions, est en voie de trouver une solution.

Grâce à une mobilisation exceptionnelle des enseignants – ceux du privé, les vacataires, ceux de l’administration scolaire – les évaluations ont commencé dans le public depuis hier par les terminalistes. Elles s’étendront jusqu’au 30 mai.

S’agissant de l’arrêt de travail décidé par les enseignants du supérieur en réaction à l’agression commise sur leur collègue, Djibonding Dembélé, Dr Yaya Coulibaly assure que son département n’en a été informé que dans l’après-midi d’hier à travers un préavis de grève.

S’agissant de la suite des événements et d’éventuelles négociations, il s’est limité à dire qu’il a appris, par voie de presse, que le SNESUP a projeté d’organiser ce mardi une assemblée générale pour décider de la suite à réserver à son mouvement.

Nous avons tenté de joindre au téléphone le Secrétaire général du SNESUP, Abdoul Mallé, pour en savoir plus.

En vain, car il était constamment sur répondeur. Toujours est-il que Dr Yaya Coulibaly, revenant sur les circonstances de l’agression de Djibonding Dembélé, a soutenu que ce dernier n’a pas été attaqué alors qu’il était en train de dispenser un cours, contrairement à la version du SNESUP, même si c’est bien dans la cour de la FSJP que l’agression a eu lieu.

A en croire toujours le Chef de Cabinet du ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, Djibonding Dembélé, qui était tout seul au moment du drame, n’aurait pas dû sortir sans son garde du corps.

A partir du moment où, depuis quatre mois, l’Etat, soucieux de préserver la sécurité des enseignants et conformément au protocole d’accord signé entre le gouvernement et leur syndicat, a affecté, à la demande des professeurs qui se sentaient menacés, un garde du corps du corps pour assurer leur protection rapprochée.

Cela, de concert avec le ministère de la Protection civile et de la sécurité intérieure.

Dr Yaya Coulibaly n’a pas oublié de rappeler que le ministre Amadou Touré et lui-même se sont rendus, le vendredi 16 mai, au chevet de Djibonding au Centre d’Odontostomatologie où il est hospitalisé pour lui souhaiter, au nom du gouvernement prompt rétablissement.

Dans un communiqué lu sur les antennes de l’ORTM, le département a «condamné fermement l’agression et se propose de diligenter les enquêtes par les services compétents pour identifier les auteurs».

Le Chef de Cabinet du ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique a saisi l’occasion pour démentir les propos que certains oiseaux de mauvais augure distillaient dans l’opinion ayant trait à l’éventualité d’une année blanche.

A cause notamment de la non évaluation par des professeurs d’enseignement secondaire regroupés au sein de la Coordination des Syndicats d’Enseignement Secondaire (COSES) et évoluant dans les lycées publics.

Ces enseignants sont, au demeurant, minoritaires, si l’on en croit toujours Dr Yaya Coulibaly car le nombre des lycées privés dépasse les 200, contre moins d’une cinquantaine pour les lycées publics dont une quinzaine à Bamako.

Ce qui a, certainement, poussé le ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique à prendre des mesures exceptionnelles pour procéder à l’évaluation des compositions des premier et deuxième trimestres 2008. Cette opération, qui a débuté hier, devra se dérouler jusqu’au 30 mai.

Pour les besoins de la cause, les enseignants ont été réquisitionnés dans l’administration scolaire – Académies, Centres d’Animation Pédagogique – enseignants vacataires, professeurs du privé…

«L’essentiel pour les élèves, c’est qu’ils soient évalués sur la base de programmes pédagogiques reconnus et non sur les évaluateurs qu sont tous des enseignants officiellement reconnus» de confier

Dr Yaya Coulibaly. Mises à part quelques hésitations du début, l’opération fut un succès, en tout cas à Bamako où des taux de participation record ont été enregistrés dans l’écrasante majorité des lycées à Bamako.

Faut-il que préciser que les privés ont déjà été évalués et qu’à part la FSJP, dans le supérieur aucun problème particulier n’est à signaler.

A la lumière de ces réalités, on peut affirmer que l’année peut être sauvée.


Yaya SIDIBE

20 Mai 2008