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L’armée nigériane a annoncé mardi que le chef de Boko Haram Abubakar Shekau avait été sérieusement blessé et plusieurs commandants du groupe islamiste tués lors d’un raid aérien sur leur bastion du nord-est du Nigeria. Cette annonce, qui coïncide avec une visite du secrétaire d’Etat américain John Kerry dans le nord du Nigeria mardi, a été reçue avec scepticisme par des experts. Abubakar Shekau, dont le leadership à la tête de Boko Haram a récemment été mis en cause, a été « gravement blessé à l’épaule » lors de ce raid mené vendredi sur la forêt de Sambisa, selon un communiqué du porte-parole de l’armée nigériane Sani Usman, sans autre détail. « J’ai dit blessé, s’il y a d’autres développements, je vous le ferai savoir », a ajouté l’officier après avoir été interrogé par l’AFP. Trois commandants de Boko Haram – Abubakar Mubi, Malam Nuhu et Malam Hamman – ont été tués et plusieurs autres blessés, a ajouté Sani Usman. « Il semble qu’il n’y a pas d’autre confirmation (de cette information) et nous devons nous rappeler que la mort de Shekau a déjà été annoncée à plusieurs reprises », a affirmé à l’AFP Omar Mahmood, de l’Institute for Security Studies (ISS). « Toutefois, l’annonce intervient dans un contexte intéressant compte tenu des fractures au sein du mouvement et si Shekau était neutralisé cela porterait un coup fatal à sa faction ». Début août, le groupe État islamique, auquel Abubakar Shekau avait prêté allégeance, avait désigné un nouveau « wali » (chef) de Boko Haram, son ancien porte-parole Abou Mosab Al Barnaoui. Une semaine plus tard, Abubakar Shekau réaffirmait son leadership dans une vidéo dans laquelle il assurait faire « une responsabilité personnelle » du combat « contre le Nigeria et le monde entier ». « C’est l’armée nigériane qui nous dit que les bombardements aériens sont une stratégie efficace », a estimé l’expert. AFP