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Sa dépouille a été transportée au stade Rufaro, dans la banlieue d’Harare, où l’attendaient plusieurs milliers de personnes réunies dans les gradins. Un stade symbolique puisque c’est là qu’en avril 1980, il a pris les rênes de l’ancienne Rhodésie sous domination blanche. C’est sous le regard de Grace Mugabe, enfoncée dans son fauteuil, que des milliers de Zimbabwéens ont défilé devant le cercueil de l’ancien chef d’État. Tous sont de fervents supporters de la Zanu-PF, le parti au pouvoir. La plupart sont venus des quartiers pauvres avoisinants. Certains ont été transportés par bus des zones rurales, comme ce fermier venu du Manicaland, à l’est du pays. « Robert Mugabe a fait plus que n’importe qui pour que nous puissions avoir notre indépendance totale, assure-t-il. Indépendance économique, indépendance de la terre… Car cette terre est à nous, Zimbabwéens. Grâce à lui, j’ai reçu 250 hectares de terres, aujourd’hui, je me dois de venir lui rendre hommage. » À côté de lui, une vieille femme vêtue d’un pagne aux couleurs de la Zanu-PF acquiesce. « Il nous a éduqués, il a construit des cliniques, des universités. Il nous a appris à être auto-suffisants, par exemple en distribuant des graines aux fermiers. Il nous a dit d’être unis, afin de pouvoir développer notre pays. Il faut que nous, Africains, nous nous unissions pour défendre notre pays et notre territoire. »RFI