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Le Ce de l’Adéma réuni samedi soutient la candidature de ME Tapo : – La direction du parti exige le retrait de la candidature de l’honorable Yaya Sangaré – Iba N’Diaye dépêché au chevet du président à Paris

A l’issue d’une réunion tenue dans la mi-journée du samedi 2 juin, au siège du parti à Bamako-Coura, le Comité exécutif de l’Alliance pour la démocratie au Mali-parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma-PASJ) a entériné la candidature de l’honorable Me Kassoum Tapo, comme candidat du parti de l’abeille pour diriger l’Assemblée nationale. L’organe dirigeant de l’Adéma a, par la même occasion, commis le comité constitué à cet effet, composé d’Iba N’Diaye, Hamada Soukouna et Madou Diallo, pour convaincre l’honorable Yaya Sangaré de retirer sa candidature. Le Comité exécutif a aussi chargé le 1er vice-président Iba N’Diaye d’aller à Paris pour s’enquérir des nouvelles de Dioncounda Traoré et l’informer de la position du parti par rapport à la présidence de l’Assemblée nationale.

Selon nos informations, la réunion du Comité exécutif (CE) s’est déroulée dans une atmosphère bon enfant. Ce fut l’occasion de plusieurs retrouvailles entre des « camarades ex-ministres » qui n’étaient plus très réguliers aux réunions de l’organe dirigeant de la Ruche. La rencontre avait à son ordre du jour la question de la succession du Pr Dioncounda Traoré, le président de transition-encore président du parti- à la tête de l’Assemblée nationale, son état de santé après la lâche agression dont il a été victime le 21 mai, les perspectives du parti après les derniers changements, etc.

Au premier point, il faut signaler que le CE avait précédemment désigné le 1er vice-président, Iba N’Diaye, et deux hauts cadres du parti que sont Hamada Soukouna et Madou Diallo à » prendre attache avec le groupe parlementaire afin que le parti aille à l’élection du nouveau président de l’Hémicycle uni derrière un seul candidat « . C’est donc avec les contacts entrepris par ce comité que le groupe parlementaire s’est réuni, le mercredi le 30 mai, dans la salle Mahamane Alassane Haïdara de l’Assemblée nationale pour discuter des candidatures au sein des députés. A l’issue de cette réunion, la candidature de Me Kassoum Tapo émergeait du lot.

Le député élu à Mopti a reçu le soutien du président du groupe parlementaire, Témoré Tioulenta. Quant à l’honorable Ouali Diawara, le président de la Commission finance, il s’est simplement désisté en faveur de Me Tapo. Celui-ci est soutenu par le président de la Commission défense et sécurité, Bouréima Dicko, élu à Baraouéli. D’autres députés, dont Lanceéni Balla Kéita, ont également approuvé la candidature du célèbre avocat, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du Mali et ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Seulement, malgré les explications des uns et des autres, l’honorable Yaya Sangaré, élu à Yanfolila, député au Parlement de la CEDEAO, n’aurait pas été convaincu de son indisponibilité, pour retirer sa candidature.

Il nous est revenu que le 3ème vice-président du parti, l’ancien ministre Tiémoko Sangaré et son chef de Cabinet, Bréhima Sangaré -une affaire des Sangaré-seraient ses soutiens indéfectibles, le poussant à se maintenir dans la course. La rencontre du CE devait donc faire le point de la situation pour mobiliser tous les députés de l’Adéma à souffler dans la même trompette. Ceci, dans le but de faire valoir devant le candidat de l’URD, Younoussi Touré, l’accord signé entre les deux partis aux termes desquels le PASJ dirige l’institution législative avec le poste de 2ème vice-président. Pendant ce temps, l’URD aura la 1ère et la 4ème vice-présidence.

Il nous est revenu qu’après les discussions entre les premiers responsables du parti de l’abeille, sous l’éclairage du comité des Iba N’Diaye, Hamada Soukouna et Madou Diallo, une majorité s’est dégagée en faveur de la candidature de Me Kassoum Tapo. Les intervenants ont expliqué qu’il ne fallait pas tenter un cumul de mandats avec Yaya Sangaré, déjà député au parlement de la CEDEAO. Le comité précité a été chargé d’aller à la rencontre de l’élu de Yanfolila pour lui faire comprendre que tous les députés doivent s’unir derrière le député élu à Mopti. «Il doit donc faire l’impasse sur son ambition de diriger l’Hémicycle», nous a-t-on rapporté.

Par ailleurs, le CE a décidé d’envoyer en mission le premier vice-président du parti, Iba N’Diaye, pour aller à Paris au chevet du président, Pr Dioncounda Traoré, s’enquérir de son état de santé et l’informer de la décision du parti par rapport à sa succession à la tête de l’Hémicycle.

Selon nos informations, Iba N’Diaye devait prendre son avion samedi ou dimanche matin pour rejoindre le président de la transition, Pr Dioncounda Traoré sur les bords de la Seine. Faut-il rappeler qu’il est en convalescence dans la capitale française après des consultations à l’Hôpital du Val-de -Grâce, suite à la » tentative d’assassinat « sur sa personne au Palais de Koulouba, le 21 mai 2012.

De sources concordantes, des discussions portant sur la nécessité d’un congrès extraordinaire du parti pour » confirmer le premier vice-président Iba comme président du parti » ont également eu lieu. Sur ce point, certains membres ont demandé de patienter jusqu’au retour au pays du « camarade président » avant de le problème en sa présence.

Bruno D SEGBEDJI

Assemblée nationale : Quid de la prolongation du mandat des députés?

Pour plusieurs honorables députés, le traumatisme provoqué par le coup d’Etat du 22 mars n’est pas encore dissipé. Ils n’ont donc pas, pour le moment, la tête à se préoccuper du poste de nouveau président de l’Assemblée nationale. C’est pourquoi certains élus de la nation avaient pensé que l’Hémicycle pouvait se contenter de continuer son travail parlementaire avec l’honorable Younoussi Touré à sa tête, assurant l’intérim.

Dans le même sens, certains députés estiment qu’il faut que le bureau de l’Hémicycle se préoccupe d’abord de » la prolongation du mandat des députés « , décidée et écrite noir sur blanc dans l’Accord-cadre entre le CNRDRE et le Médiateur de la CEDEAO, le 6 avril 2012. » Il faut que le projet de loi prolongeant notre mandat nous parvienne d’abord, avant de commencer à discuter par rapport au nouvel occupant du perchoir « , a déclaré samedi, sous couvert de l’anonymat, un député élu en commune VI du district de Bamako. Pour un autre député, avant même le vote de loi portant amnistie en faveur des putschistes, la loi sur la prolongation du mandat des députés devait être votée. «Tout le monde a besoin d’être rassuré», a lâché un autre.

En clair, cet élu de la nation craint que cette décision de prolonger le mandat-qui s’achève normalement en août prochain- puisse être un canular. C’est-à-dire une astuce pour tromper la vigilance des députés pour les garder un moment afin qu’ils votent les lois profitables aux putschistes (amnistie, indemnisation, conseil militaire, etc) avant que l’institution ne soit … dissoute, et les mettre au chômage. Par ces temps de crise ? Hum !

Bruno D SEGBEDJI

04 Juin 2012