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Nous vous annoncions, il y a de cela quelques jours, de l’atterrissage, le vendredi 6 avril, d’un cargo à l’aéroport de Gao pour livrer des armes et des stupéfiants aux bandits armés. Après recoupement, il nous est revenu que le cargo venait du Qatar.

jpg_une-669.jpgCe qui vient confirmer les rumeurs qui circulaient à Bamako sur l’existence d’une liaison entre certains groupes armés agissant dans le septentrion de notre pays et ce pays du golf. Depuis le 24 mars, les trois capitales régionales sont passées entre les mains de différents groupes armés échappant du coup à tout contrôle de l’administration centrale.

Les régions concernées sont devenues un véritable no man’s land. Où les nouveaux occupants ne se privent même pas de s’adonner à leurs activités favorites. Pour preuve, le vendredi 6 avril, c’est un cargo venant du Qatar qui a atterri à l’aéroport de Gao pour livrer, nous a-t-on dit, des armes et des stupéfiants.

Un comité d’accueil avait même été formé autour de l’appareil sous la conduite d’Iyad Ag Ghaly. Toutefois, nous ignorons les motivations du Qatar en intervenant au nord du Mali aux côtés des bandits armés.

La relation entre les bandits armés notamment Iyad Ag Ghaly et le Qatar ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte à la période où le djihadiste était consul du Mali à Djeddah. Il a profité de son statut de diplomate pour nouer des relations avec des organisations islamiques de la région. Au point que l’Arabie Saoudite, son pays d’accréditation, l’avait menacé d’expulsion. C’est ainsi que les autorités maliennes de l’époque mises au parfum de ses agissements lui ont rappelé à Bamako avant de le relever de ses fonctions.

Le consul devenu encombrant ne va pas pour autant chômé. Il va utiliser ses relations pour financer son organisation criminelle en vue de transformer une bonne partie des régions nord du pays en un émirat islamique régi par la charia. L’autre illustration des enjeux au nord du Mali est l’appui accordé par la Mauritanie et l’Algérie aux rebelles du MNLA. Les bandits armés du MNLA se ravitaillent en carburant et en vivres à partir de Tamanrasset en Algérie.

Véritable ironie du sort quand on sait que cette ville abrite le centre de commandement opérationnel des pays du champ (Algérie, Niger, Mauritanie, Mali). Et qui est censé combattre l’insécurité dans la bande sahélo-saharienne. Les combattants du MNLA blessés au cours des combats sont évacués en Algérie pour recevoir des soins.

La Mauritanie, autre pays du champ accorde des facilités aux militants du MNLA. C’est encore dans ce pays que se trouve le bureau politique du mouvement rebelle. Tous les responsables politiques y ont trouvé refuge. C’est dire donc que les complicités dans la crise qui secoue le nord-Mali sont évidentes. Il faudra beaucoup de prudence aux autorités de la transition pour savoir avec qui traiter.

Abdoulaye Diarra

L’Indépendant du 25 Avril 2012