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L’article 7 de l’Accord cadre mentionne qu’au regard des circonstances exceptionnelles que connaît le pays du fait de la guerre et afin de permettre l’organisation des élections dans de bonnes conditions sur l’ensemble du territoire national, de renforcer la cohésion sociale et l’unité nationale, un certain nombre de textes législatifs d’accompagnement du processus de transition seront votés par l’Assemblée nationale, à savoir : une loi d’amnistie générale au profit des membres du Cnrdre et de leurs associés, une loi portant indemnisation des victimes de la guerre et du mouvement insurrectionnel du 22 mars 2012, une loi portant prorogation du mandat des députés jusqu’à la fin de la transition, une loi portant orientation et programmation militaire pour les besoins d’organisation et d’équipement de l’Armée et une loi portant création d’un Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité.

En fait, même si le fait n’est pas nouveau, puisque c’était prévu par l’Accord cadre et que le décret, comme l’a signalé Rfi la semaine dernière, a été signé le 8 août, c’était pour la première fois que le document est rendu public. Malgré tout, l’Accord cadre n’avait pas précisé la personne qui devait occuper le poste de président du comité militaire. Signalons que la publication intervient à des périodes charnières, en l’occurrence, celle de l’attente du soutien des Nations unies pour la résolution de la crise au Nord du Mali et de la publication du rapport confidentiel du groupe d’experts des Nations unies sur la Côte d’Ivoire, qui, le moins qu’on puisse dire, est très contesté, voire jugé comme de la manipulation par certains qu’il accuse et qui est de nature à discréditer l’ex junte. Il convient de préciser que ce comité militaire, censé s’occuper de la formation des troupes et de la supervision des opérations militaires, sera doté d’un budget de fonctionnement.

Le moment était donc tout indiqué, pour le président par intérim, accusé par certains de lenteur et d’indécision, de poser un acte qui puisse rendre public sa volonté de diriger la transition dans des conditions plus sécurisées. C’est sûrement en cette période d’interrogations autour de ce document confidentiel de 26 pages, qui doit être débattu par les Nations unies, dont les fonds sont très attendus pour résoudre la crise du Nord, que Dioncounda Traoré, a estimé qu’il fallait aller jusqu’au bout, en rendant public la désignation du capitaine Sanogo, à la tête du Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité.

Fatoma Ballo

Le Journal du 10 Octobre 2012