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Le président du RPM et candidat à la magistrature suprême, El Hadj Ibrahim Boubacar Kéïta a commencé sa campagne par une rencontre avec les différentes confessions religieu­ses. C’était au Palais de la culture le dimanche 8 avril. Par ce geste, il s’agit pour lui d’avoir les bénédictions des hommes de Dieu pour éclairer les ges­tes qu’il va poser pendant les 21 jours de campagne.

Ils étaient nombreux (imams, chefs reli­gieux, chefs de quartiers, notabilités des différents quartiers) à répondre à l’invitation du RPM pour cette rencontre inédite avec le candidat du parti des tisserands. Si le président IBK avait voulu une simple rencontre sans tambour ni trompette, les militants eux se sont dé­placés en masse pour être les témoins oculaires de cette rencontre dont l’ob­jectif était de formuler des bénédictions pour le can­didat IBK, le parti RPM, et le Mali. Ce qui doit permet­tre d’assurer la victoire de leur porte-drapeau dans un climat serein.

Cependant, Me Mamadou Gakou, le prési­dent du COPP qui soutient la candidature d’IBK a dressé un réquisitoire sé­vère contre le régime ATT.

En effet, prévient-il, « après le formidable malentendu de 2002, l’électorat ne veut plus s’en tenir au plébiscite de programme en carton-pâte, sorte de profession de foi de complaisance sur des tâches prométhéennes jetées en pâture à des fou­les en liesse« . Ce qui l’a amené a dire qu’en « cinq ans le pouvoir malien a ruiné toutes les espéran­ces qu’avait placées en lui un électorat mû par la vo­lonté de changements en profondeur de tout le sys­tème de gouvernance et de production ainsi que les rapports sociaux inégalitaires. Le taux de croissance s’est effondré.

L’inflation mal maîtrisée, a contribué au renchérisse­ment des produits de pre­mière nécessité, sans compter les services es­sentiels sans lesquels la frontière entre la vie et la mort se fond en une ligne effroyable de gaspillage de vies effondrées à travers des moyennes d’espérance de vie parmi les plus bas­ses au monde
« .

Fort de ces constats, Me Gakou dira que « voter IBK, le 29 avril, c’est tourner la page des cinq longues années de dérive totale« .

Le candidat IBK, après avoir remercié les chefs religieux pour le déplace­ment, précisera qu’il ne s’agissait pas d’un meeting mais d’une séance de bé­nédiction. Il dira que Dieu reste au dessus de tout. Le pouvoir, doit toujours res­pecter les confessions re­ligieuses. De ce fait, il a dénoncé la machination dont l’église a été victime à Samaya. « Le combat que je mène, n’est pas mon pro­pre combat, mais celui du peuple. Si on voit le pays prendre une direction qui n’est pas dans l’intérêt du peuple, on doit faire quel­que chose, sinon je ne suis pas un assoiffé du pouvoir  » a lancé le candidat du RPM sous les acclama­tions des militants.

Les chefs religieux ont bien apprécié une démar­che qui est l’un des princi­pes fondateurs de la reli­gion. En effet, a expliqué Mohamed Mouhamoud Kanouté de la Commune I, tout ce que l’homme veut faire, il doit toujours com­mencer par le nom d’Allah, et le faire dans la droiture. Tout comme lui, El Hadj Seydou Samaké, et El Hadj Cheick Sadate Haïdara ont formulé des bénédictions.

En tout cas, pour les religieux, IBK est un homme de foi, de cons­cience et de vérité. Il est le seul candidat capable de rétablir l’image de la reli­gion bafouée depuis cinq ans, par l’actuel régime.

Youssouf Camara

10 avril 2007.