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Selon le dictionnaire Larousse, le mariage est un acte solennel par lequel un homme et une femme établissent entre eux une union dont les conditions, les effets et la dissolution sont régis par les dispositions juridiques en vigueur. De nos jours, le mariage à distance est en train de prendre une allure inquiétante dans le monde où nous vivons.

Il n’est plus un secret pour personne que parmi les maux dont sont victimes les jeunes filles figurent en bonne place le mariage à distance. Cette pratique est de nos jours très fréquente. Une de ses variantes consiste à obliger la fille à épouser un homme qu’elle n’a jamais connu et qui vit à l’étranger. Le mariage ainsi célébré, la mariée reste dans la famille du mari, en attendant le retour de l’époux.

Dans la plupart des cas, il s’agit généralement des familles aisées pour lesquelles on accepte ce type de mariage. Mais, dans la majeure partie des cas, ces filles (mariées) mènent dans ces foyers une vie d’assujettissement et subissent toutes formes d’exploitation et d’abus.

Elle est conséquence directe du rêve de certains parents véreux de voir leur fille mariée à un homme qui vit à l’extérieur et qui, estiment-ils vivrait dans une aisance insolente qu’ils (les parents de l’épouse) souhaitent partager. En clair, c’est un plaisir exquis pour les jeunes dispos, après quelques années passées à l’extérieur de se marier à des filles qu’ils ont laissées au pays.

Un peu d’argent et un coup de téléphone suffisent largement pour annoncer aux parents de vouloir épouser la fille de tel ou tel. Dès l’annonce de cette nouvelle, c’est la joie dans les deux familles. D’une part, la famille du prétendant se réjouit de l’arrivée d’une fille au foyer. Pour la belle-mère et les belles sœurs, c’est le moment de se frotter les mains. Car, c’est, dans la plupart des cas, l’arrivée d’une bonne qui est annoncée.

Avant que son mari ne trouve ses papiers pour le rejoindre à l’extérieur, elle s’occupera des travaux. Voilà ce que se disent intérieurement les belles sœurs. Toute chose qui pousse les parents du mari à précipiter le mariage. Du côté des parents de la future mariée, c’est la joie. Car, on estime que ce mariage marquera la fin de leur calvaire. Le futur époux se fera représenter par son jeune frère.

Ainsi admise dans la famille de ses beaux parents, la fille mariée restera dans ce foyer à l’attente des papiers pour rejoindre son mari. En attendant, bonjour les corvées quotidiennes. « Le premier appel du muezzin me réveille, je balaie la cour, je nettoie la maison, je fais la vaisselle, je vais au marché et prépare le repas. Le soir, je prépare le dîner, je lave la vaisselle, je repasse les habits avant de me coucher. Mes belles sœurs sont là, aucune ne touche à un balai, c’est moi qui fais tout. Je n’ai même pas le temps d’aller chez mes parents. Mes beaux parents me disent tous les jours que mon mari est entrain de faire mes papiers, bientôt, il viendra me chercher. Je commence à m’inquiéter. Car, depuis mon mariage, c’est seulement le téléphone qui me lie à mon époux. Je me demande si réellement il viendra…», se lamente une nouvelle mariée.

Une autre d’ajouter : «Il y a neuf mois depuis que mon mariage est célébré. Mon mari est en France, moi je vis avec ses parents ici. Sa mère me traite de tout, je n’ose même pas sortir de la maison. Je travaille pour eux comme une domestique. Moi, je ne veux plus continuer à vivre cet enfer. Parce que même si mon mari m’envoie de l’argent ce sont ses parents qui s’en accaparent. ».

Gnimadi Destin

10 avril 2008.