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La junte reporte sine die la Convention nationale initialement prévue pour ce jeudi 5 avril.

Dans un communiqué remis à la presse à l’issue de sa rencontre, tenue hier au carrefour des jeunes, le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR), a déclaré que ses membres ne participeront pas à la Convention nationale que le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE), avait initialement programmée pour ce jeudi 5 avril 2012. Avant que la junte ne revienne sur sa décision en reportant sine die ledit forum. C’est dire que les portes du dialogue sont désormais grandement ouvertes pour un rapprochement des positions défendues par les uns et les autres. C’est en tout cas le souhait de l’écrasante majorité de nos concitoyens qui refusent de voir un Mali divisé au sommet de l’Etat alors que les populations au nord du pays souffrent le martyr.

Suite à la convocation par le président du CNRDRE, pour ce jeudi 5 avril, de la Convention nationale devant regrouper » l’ensemble de la classe politique et tous les acteurs de la société civile…sans exception aucune « , le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie (FDR), regroupant une cinquantaine de partis et une centaine d’associations et d’organisations syndicales, s’est réuni en urgence, au carrefour des jeunes, pour plancher sur la question de sa présence ou non à ce forum. Après plusieurs heures de débats, ladite rencontre a accouché d’un communiqué qui rappelle que » le FDR a appris sur les antennes de la télévision et de la radio nationales l’appel lancé par le CNRDRE pour participer ce jeudi 5 avril à une Convention nationale « . C’est dire que le Front n’a pas reçu d’invitation officielle à fortiori » les termes de référence de cette convention « , encore moins le » le nombre et la qualité des participants, son contenu, ses objectifs et ses modalités d’organisation » poursuit la déclaration du FDR.

Composé, entre autres, des principales formations politiques (ADEMA, URD, RPM), de l’Untm et des organisations de la société civiles telles que le Conseil national du patronat du Mali (Cnpm), le Groupement des commerçants détaillants du Mali (Cagcdm), la Coordination des associations et organisations féminines du Mali (Cafo), l’Association pour le progrès et la défense des droits des femmes (Apdf), le Conseil national des jeunes du Mali (Cnj), l’Association des élèves et étudiants du Mali (Aeem), le FDR » considérant que la tenue de cette Convention est contraire et incompatible avec le retour à une vie constitutionnelle normale et le rétablissement des institutions de la République décrétée par le CNRDRE « déclare ne pas participer à ladite convention ». Il a, en outre, appelé « encore une fois à la vigilance de l’ensemble de la classe politique et des forces vives de la nation, des Maliens de l’extérieur et de la communauté sous-régionale, régionale et internationale pour trouver une solution honorable de sortie de crise dans le cadre de la légalité constitutionnelle ».

Comme on le voit, le fossé continue de s’agrandir entre la junte et le FDR. Aux dernières nouvelles, nous apprenons que la Convention est reportée sine die. Certainement dans le but de mieux l’organiser et en faisant partager davantage l’idée de sa nécessité pour les tenants du pouvoir. En effet, le CNRDRE a besoin de ce forum pour asseoir sa légitimité de jour en jour contestée. Et cela au moment où sa légalité, de même que sa popularité auprès des partis de gauche et d’une frange non négligeable de la population, ne faisant désormais plus de doute. Mais cela demeure insuffisant pour exercer un pouvoir » arraché » par des voies non démocratiques. D’où toute la pression qui est en train de s’exercer sur les épaules du capitaine Sanogo qui résiste tant bien que mal et cela malgré le fait qu’il soit entre deux feux : la pression de l’intérieur et celle venant de l’extérieur. Espérons que les Maliens se retrouveront, très rapidement, autour de nos valeurs cardinales afin de proposer une solution qui préserve l’intérêt supérieur de notre pays tout en créant les conditions d’un retour rapide à une vie constitutionnelle normale avec des dirigeants qui feront preuve d’une bonne gouvernance.

Mamadou FOFANA

5 avril 2012