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Abdoulaye file le parfait amour depuis cinq ans avec sa dulcinée, Saly. Mais, Abdoulaye n’est pas dupe. Il sait que Saly reste avec lui à cause des efforts financiers qu’il fournit. En effet, jeune employé de commerce chez un privé, il a un revenu modeste. C’est à force de cadeaux, de présents, qu’il a fini par conquérir le cœur de la belle Saly.

Aucun cadeau n’était de trop pour Saly ; il lui faut changer sa Djakarta chaque année, son téléphone tombe ou est volée chaque deux mois. En plus de cela, elle a mariage, baptême ou « ton » tous les week-ends. A cela il faut ajouter le carburant de la moto et l’argent de poche pour l’école qu’Abdoulaye lui compte chaque mois.

Le pauvre Abdoulaye est endetté chez son patron, ses parents et chez ses amis. Pendant que Saly le croit « plein aux As », le pauvre a fini de vendre tout ce qu’il a de monnayable. Pour ses patents, soit il boit en cachète, ou fréquente des marabouts, car, on ne peut pas être salarié, ne pas avoir de charge à la maison et ne pas pouvoir se payer même un savon.

A la veille de la Saint-Sylvestre, Abdoulaye reçu de Saly une chemise de classe en guise de cadeau, du parfum et une montre. Il était aux anges ! Car, en cinq ans, c’était la première fois que sa dulcinée pensait à lui pour un cadeau. D’ailleurs, en prélude aux fêtes, il avait anticipé la demande de Saly en lui donnant 250 000 F CFA.

Abdoulaye a trainé ses cadeaux partout, fier de l’amour qu’il sait désormais sincère, de sa dulcinée. Cependant, le réveil sera brutal, le 30, au matin, Saly débarque chez lui avec un supposé commerçant qui menace de la faire enfermer. « Chérie, c’est avec lui que j’ai pris le cadeau que je t’ai fait, avec ma robe de sortie du 31. Je comptais sur ma tontine, mais, ma copine qui garde ça a fui avec l’argent ».

Abdoulaye s’est arrangé avec le « commerçant » pour lui rembourser 500 000 F CFA en trois mensualités, à partir de fin janvier 2021.

Soumba Diabaté

@Afribone