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C’est tard la nuit dernière que les élus de la nation ont adopté le projet de loi de finances 2008. Il a atteint, pour la première fois, la barre des 1000 milliards de FCFA. En fait, le budget de l’année qui s’annonce est estimé exactement à 1 085,774 milliards de FCFA en dépenses. Les ressources sont de 962,428 milliards de FCFA. Ce qui dégage un déficit prévisionnel de 123,346 milliards de FCFA.

Dans le rapport de la commission des Finances, présidée par l’honorable Wali Diawara, l’aggravation du déficit, qui passe de 91,282 milliards de FCFA en 2007 à 123,346 milliards de FCFA en 2008 est expliquée par une série de mesures. Au nombre de celles – ci, on relève l’augmentation des salaires, l’impact de la Caisse des Retraites, la hausse des bourses octroyées aux étudiants, l’acquisition de matériel didactique, l’augmentation des primes d’alimentation des militaires et l’avance à la CMDT.

En outre, le niveau de croissance attendu en 2008 est estimé à 4,7%. Il est inférieur à celui prévu dans le Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP) 2007 – 2011 et dans les objectifs de développement du millénaire (OMD).

Les recettes fiscales (impôts directs et indirects) sont estimées à 594,705 milliards de FCFA en 2008 contre 534,498 milliards de FCFA l’année écoulée et celles non fiscales sont inscrites pour 40,418 milliards de FCFA contre 39,568 milliards de FCFA en 2007. L’augmentation des recettes non fiscales est imputable essentiellement aux recettes domaniales et aux produits des participations financières (dividendes et intérêts des placements) ainsi qu’aux frais et amendes judiciaires.

Quant aux recettes exceptionnelles, elles sont évaluées à 12,683 milliards de FCFA en 2008 et représentent le niveau des ressources PPTE. Le montant est inscrit en compensation des dépenses financées sur les ressources de l’allègement obtenu en faveur des pays pauvres très endettés.

Les appuis budgétaires portent sur une inscription de recettes d’un montant de 51,096 milliards de FCFA répartis comme suit : dons programmes des institutions internationales, par exemple l’Union Européenne, pour 13,725 milliards de FCFA ; dons programmes des gouvernements étrangers pour 37,371 milliards de FCFA (la Suède, la Belgique et les Pays-Bas, etc.).

Le financement extérieur du budget spécial d’investissement est évalué à 258,298 milliards de FCFA contre 245,899 milliards de FCFA en 2007, soit une augmentation de 5,04%. Le budget d’investissement est estimé lui-même à 388,639 milliards de FCFA.

S’agissant des redevances et taxes des budgets annexes comptes et fonds spéciaux, ils sont estimés à 5,228 milliards de FCFA, soit une baisse de 7,83% comparativement à 2007. Cette diminution est due essentiellement aux recettes du Programme de développement des ressources minérales.

Les dépenses prévues au titre de l’année 2008 sont évaluées à 1085,774 milliards de FCFA contre 994,311 milliards de FCFA en 2007 (y compris le décret d’avance du 1er août 2007) soit 9,20% d’augmentation.

La ventilation des dépenses par type de budgets se présente comme suit : budget général (il concerne les dépenses des pouvoirs publics, de l’administration centrale, des institutions, des départements ministériels…) pour 929,622 milliards de FCFA, soit une augmentation de 8,94%.

Les dépenses des administrations déconcentrées des régions sont estimées à 150,924 milliards de FCFA, soit une augmentation de 11,51%.

Salaires : plus de 167 milliards FCFA

Les dépenses au titre du paiement des salaires du personnel civil et militaire de l’Etat sont prévues en 2008 à 167,907 milliards de FCFA contre 138,875 milliards de FCFA en 2007, soit une augmentation de 20,90%.

Les dépenses de matériel passent de 64,706 milliards de FCFA en 2007 à 76,752 milliards de FCFA en 2008, soit une augmentation de 18,62%.

Les déplacements et missions, sont évalués à 37,131 milliards de FCFA en 2008 contre 33,667 milliards de FCFA en 2007, soit une augmentation de 10,3%.

Les dépenses relatives à la consommation d’eau, d’électricité et de téléphone passent de 32,061 milliards de FCFA en 2007 à 32,536 milliards de FCFA en 2008, soit une augmentation de 1,5%.

S’agissant du chapitre autres dépenses, transferts et subventions, ils sont prévus à hauteur de 162,760 milliards de FCFA en 2008 contre 138,619 milliards de FCFA en 2007, soit une augmentation de 17,42%. Les autres dépenses sont de 53,819 milliards de FCFA en 2008 contre 47,490 milliards de FCFA en 2007. Les transferts et subventions ont été évalués à 108,940 milliards de FCFA en 2008 contre 91,128 milliards en 2007, soit une augmentation de 19,55%.

Deux milliards de FCFA ont été prévus pour les dépenses électorales afin de permettre d’effectuer la révision du fichier électoral et la formation des informaticiens chargés de la gestion de ce fichier électoral.

Les dépenses en équipement et investissement, hors ressources PPTE, ont connu une augmentation en passant de 145,222 milliards de FCFA en 2007 à 169,620 milliards de FCFA en 2008, soit 16,80% d’augmentation.

Concernant la dette et les dépenses en ressources PPTE, le paiement de la dette et des intérêts passe de 47,756 milliards de FCFA en 2007 à 50, 883 de FCFA en 2008, soit une augmentation de 6,5% avec une annulation de la dette, au titre de l’initiative PPTE, de 12,683 milliards de FCFA.

S’agissant de la restructuration des entreprises publiques, 5 milliards de FCFA ont été budgétisés contre 1 milliard en 2007. La Sotelma serait en première ligne concernée par cette enveloppe.

Quant aux dépenses liées au paiement des bourses, elles sont estimées à 8,991 milliards de FCFA en 2008 contre 5,640 milliards de FCFA précédemment, soit une augmentation de 59,4% ;

Pour la liquidation du passif régulier et pertes aux changes, les prévisions de 2008 sont 2,784 milliards de nos francs contre 2,365 milliards en 2007, soit une augmentation de 17,7%.

Enfin, l’apurement du passif a été arrêté à 15,843 milliards de FCFA en 2008 contre 17,080 milliards de FCFA en 2007.

Nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur les budgets des institutions de la République et des départements ministériels.

Chahana TAKIOU

12 Décembre 2007.