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Depuis l’élection du beau-père du fils aîné du Président de la République à la présidence de l’Assemblée nationale, les mauvaises langues commencent à se délier. Des attaques personnelles, familiales, ou contre le pouvoir d’IBK. Issaka Sidibé, député du parti RPM élu à Koulikoro, est au centre d’un vrai-faux procès, qui n’a pas lieu d’être.

jpg_une-2601.jpgQue n’a-t-on pas entendu? «Le Mali est-il devenu un royaume?», «Ma famille d’abord». Bref, tout se passe comme si l’élu de Koulikoro était tombé du ciel pour se propulser à la tête de l’Assemblée nationale. La question que tout le monde devrait se poser est de savoir, est-ce qu’il en a le droit?

Oui! Parce qu’il est Malien comme tous les autres. Il est député élu à Koulikoro sous les couleurs du RPM. Et mieux, Issaka Sidibé est membre fondateur du RPM. Que deviendrait le RPM aujourd’hui si des hommes et des femmes comme feu Kadari Bamba, Bakari Konimba dit Pionnier, Sanaba Sissoko, Mme Keita Rokiatou N’Diaye, Issaka Sidbé et tant d’autres, connus et anonymes, n’avaient pas cru au projet?

Ces hommes et ces femmes se sont engagés à l’époque dans l’aventure avec IBK pour créer le RPM. Ils se sont battus et ont bravé le courroux des tenants du pouvoir. Ils ont accompagné le Président durant sa traversée du désert, au prix souvent d’énormes sacrifices individuels et collectifs, pour que le RPM soit et qu’IBK devienne Président de la République aujourd’hui.

Mieux, le fils aîné du Président de la République, Karim Kéita, n’a épousé la fille d’Issaka Sidibé hier. Ils sont mariés depuis des années. A l’époque, où étaient ceux qui critiquent aujourd’hui l’élection d’Issaka Sidibé à la présidence de l’Assemblée nationale? Ces mauvaises langues font mine d’ignorer son cursus politique pour s’attaquer à la relation entre sa fille et son beau-fils. Les détracteurs d’Issaka Sidibé font croire qu’il a été imposé par le Président de la République. Que non!

Au contraire, les militants et les responsables du parti présidentiel ont exigé du Président de la République que leur volonté soit faite, qui avait un penchant pour son ami et compagnon politique de longue date, Abdrahamane Niang, député élu à Youwarou. Isaac a donc été élu à la tête de l’Assemblée nationale non pas parce qu’il est le beau-père de Karim Kéita mais par la volonté de ses collègues députés du RPM et de leurs alliés, qui lui ont massivement accordé leur confiance, par 115 voix.

Le poste de Président de l’Assemblée nationale, un poste politique, est la récompense de son combat et de la lutte qu’il a engagés durant de longues années. Autre question que les gens devraient se poser, c’est de savoir s’il a les compétences nécessaires? Le temps nous en édifiera. Ce qui est sûr, c’est qu’il occupera le perchoir durant les 5 prochaines années à l’Hémicycle.

Dans cette campagne nauséabonde, ce sont les militants et les responsables du parti présidentiel qui n’ont pas joué leur rôle. Car, il ne suffisait pas seulement d’élire Issaka Sidibé comme Président de l’Assemblée nationale. Quand les attaques ont commencé, le parti des Tisserands n’a pas daigné faire un petit communiqué, ni une quelconque déclaration, pour lui apporter son soutien.

Les responsables du RPM et surtout ses collègues députés l’ont laissé entre les griffes de ses détracteurs. Idem pour les alliés du RPM, regroupés au sein du groupe parlementaire Alliance pour le Mali, qui ne sont pas non plus venus au secours d’Iassac.

Youssouf Diallo

Les Echos du Parlement du 31 Janvier 2014