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Les héroïnes de Maputo (Mozambique) sont revenues au bercail mercredi dernier. Les espoirs du basket féminin malien sont revenus auréolés de la couronne continentale conquise de haute lutte face au pays organisateur. Après le sacre des juniors filles, c’est la seconde consécration continentale pour notre basket-ball cette année. Cette performance ne doit rien au hasard.

« Dans la pure tradition malienne d’héroïsme et de bravoure, vous venez de remporter le championnat d’Afrique, à Maputo, au Mozambique. Votre titre a d’autant plus de relief qu’il a été obtenu face aux plus grandes nations africaines de basket-ball ». C’est en ces termes que le président de la République a salué le sacre des espoirs filles au championnat d’Afrique de Maputo. Ce samedi 9 décembre est donc une autre date désormais inoubliable dans l’histoire du sport malien, singulièrement du basket.

Les Maliennes, qui avaient éliminé les Sénégalaises en demi-finale, ont remporté ce jour-là la 2e édition du championnat d’Afrique des nations des moins de 20 ans de basket-ball dames, en battant le pays organisateur, le Mozambique en finale sur la marque de 49 à 47. Les Mozambicaines étaient pourtant invaincues jusqu’à cette finale. Mais, comme les juniors il y a quelques mois à Cotonou (Bénin), les filles de Cheick Oumar Sissoko « Yankee » étaient parties à Maputo, conscientes de leur mission.

Les protégées de Yankee ont fait montre d’une extraordinaire capacité à se transcender dans les circonstances exceptionnelles. Les Maliennes ont été de loin les meilleures de ce tournoi. La preuve est que Mami et Nagnouma figurent dans l’équipe-type de la compétition. Mieux, la nouvelle sociétaire de Toulouse (France) a réédité son exploit de Cotonou en devenant la meilleure rebondeuse du championnat.


L’impact des conférences

La victoire de nos espoirs féminins se situe dans la continuité de la belle série entamée par le Djoliba filles au championnat d’Afrique des clubs féminins à Bamako et qui s’est poursuivie avec la campagne victorieuse de l’équipe féminine juniors sacrée championne d’Afrique de sa catégorie à Cotonou, et le titre de vice-champion de l’équipe masculine juniors au championnat d’Afrique organisé à Durban (Afrique du Sud). Le Mali va ainsi participer à trois championnats du monde prévus en 2007 à Vancouver (Canada) pour l’équipe masculine des juniors, en Slovaquie pour la sélection féminine des juniors et à Moscou (du 29 juin au 8 juillet 2007) pour les espoirs féminins.

Mais, ces performances ne doivent rien au hasard. Elles sont le fruit d’un ambitieux management du bureau fédéral qui a su résister aux nombreuses campagnes de déstabilisation de « l’Axe du mal » du sport au Mali. Le basket-ball malien ne cesse de monter en puissance grâce au travail abattu par l’actuelle équipe dirigeante.
Les conférences initiées sous la houlette de Hamane Niang produisent l’effet escompté à la base.

Les performances continentales des juniors et des espoirs l’attestent. Ces conférences ont non seulement nivelé la pratique du basket à la base, mais elles ont aussi et surtout suscité un nouvel engouement autour de la discipline en apportant de nouvelles motivations à ses pratiquants. Sans compter qu’elles ont aussi offert à des anciens internationaux reconvertis entraîneurs des opportunités de formation et de nouveaux challenges sportifs.

Aujourd’hui, la Fédération parvient à réaliser des prouesses avec des moyens modestes. Ce qui fragilise les acquis. Il est aujourd’hui nécessaire que chacun joue sa partition dans leur pérennisation. A commencer par les entreprises qui ont toutes les raisons de sponsoriser le basket. Une discipline qui, en dehors de ses performances, véhicule des valeurs comme le fair-play, la tolérance, le don de soi… Leur engagement conséquent et citoyen permettra d’alléger les charges de la FMBB.


La performance au rebond

L’Etat, par la voix du président de la République, s’est engagé à prendre « toutes les dispositions pour une bonne préparation de nos représentants aux différentes compétitions » auxquelles nos sélections nationales vont participer l’année prochaine. Mais, il faut qu’il sache que cela ne suffira pas à consolider les acquis. Il devra accentuer ses efforts de formation et de perfectionnement des techniciens et des administrateurs des clubs. Il devra prendre à bras le corps la relance du sport scolaire et universitaire pour compléter les pépinières formées à l’occasion des conférences.

Et s’il y a une chose que le basket-ball malien mérite aujourd’hui, c’est incontestablement une salle à la hauteur des exploits des joueurs et des ambitions des dirigeants fédéraux. Le tournant amorcé par cette discipline est prometteur et peut s’avérer décisive dans la relance du sport malien de façon générale. Aux différents acteurs de mouiller le maillot et de prendre le ballon de la performance au rebond.

En attendant, il est souhaitable que la combativité de nos talentueuses basketteuses au cours du championnat de Maputo soit un exemple d’engagement pour tous les sportifs du Mali, les Aigles footballeurs qui en ont besoin pour se qualifier pour la prochaine Can, « Ghana-2008 ».

Moussa Bolly

15 décembre 2006.