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Situé à 140 kilomètres de Bamako, le village de Sélingué abrite l’un des plus importants barrages hydroélectriques du Mali. Cet ouvrage est bâti sur le Sankarani, un des affluents du fleuve Niger.

Le barrage hydroélectrique de Sélingué est composé de 4 turbines d’une capacité de 44 mégawatts à raison de 11 mégawatss chacune.

Il joue un rôle aussi bien important dans la fourniture de l’électricité sur le réseau interconnecté en liaison avec Manantali, que dans l’agriculture et la pêche dans la douzaine de localités qu’il dessert au Mali.

La retenue d’eau en amont du barrage forme un lac d’environ 25 km2. Cette réserve d’eau qui permet le fonctionnement de l’ouvrage en toute saison peut être menacée de débordement pendant l’hivernage lorsque les eaux de plues viennent s’accumuler dans la retenue.

La pression peut devenir si forte, qu’elle peut entraîner la destruction de l’installation.

C’est pourquoi, la Société Energie du Mali, afin de désengorger, procède durant la saison des pluies, d’août à Octobre, à des lâchers d’eau par l’ouverture des vannes du barrage.

Le lâcher d’eau est décidé en fonction des apports pluviométriques, sous la direction d’une commission de gestion de la retenue de Sélingué comprenant la direction nationale de l’hydraulique, l’office du Niger, l’opération de développement riz de Sélingué, la direction nationale de la protection civile et le gouvernorat du district de Bamako.

Ainsi, il est estimé qu’au 31 août, le niveau de la retenue par rapport au niveau de la mer à 344,5 mètres est acceptable. En septembre, à la même date, il est de 346 mètres et de 349 mètres au 31 octobre. Et au-delà de cette marque, il faut lâcher de l’eau.

Le volume à laisser filer varie en fonction de l’apport pluviométrique.

En fait, au titre de l’année 2005, cette opération de désengorgement a, depuis dimanche dernier, commencé à 8 heures, confirme Mr Sambou Sissoko, chef du centre Edm-Sa de Sélingué.

Ainsi, pour la présente opération, il est estimé à 800 mètres cubes par seconde, la quantité d’eau libérée dans le fleuve depuis dimanche dernier. La moyenne est évaluée à 400 mètres cubes par seconde, selon Mr Sissoko.

Le lâcher d’eau, s’avère d’un côté intéressant pour l’agriculture, le maraîchage, la pêche et la navigation, car il permet de maintenir a régularité du fleuve par la montée d’eau en aval sans compromettre le fonctionnement de l’ouvrage. Mais d’un autre côté, pour les riverains du fleuve et de tous ceux pratiquant des activités fluviales, tels les pêcheurs, exploitants de carrière de sable, … cette opération peut s’avérer dangereuse.

En effet, la masse d’eau libérée, peut occasionner, des montées d’eau par endroit du niveau du Sankarani et du Niger.

Alors, usagers des eaux du Sankarani et du Niger, sont appelés à la prudence, selon un communiqué de l’EDM.
Les populations de Bamako, ne ressentiront la montée des eaux, au plus tôt, que deux jours après le lâchage, selon Mr Sissoko.

Le 24 août, une réunion de la commission de gestion aura lieu, afin de dresser le bilan de l’opération.

17 août 2005