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Le pouvoir, en particulier le pouvoir politique, s’est toujours adossé sur les médias, une contiguïté qui en a fait un pouvoir à part entière, le quatrième pouvoir.
Seulement quand on s’en sert pour se faire entendre, pour avoir une visibilité, une lisibilité, il ne faut pas perdre de vue que la prudence commande de l’avoir à l’œil. Une surveillance de tous les instants car chaque mot placé, chaque événement commenté pourrait avoir des conséquences inimaginables. Ne dit on pas que « la langue qui fourche fait plus de mal que le pied qui trébuche. » ?

Koulouba devrait faire sienne cette réalité du monde journalistique, au regard des dérapages dont se plaint l’Algérie sœur quant au traitement qui lui a été réservé dans les colonnes de la presse proche du pouvoir central, dans le dossier de la crise du Nord.

Aujourd’hui, l’embarras de nos autorités est grand et les tentatives qui sont engagées pour faire revenir l’Algérie sur sa décision de surseoir à sa participation aux négociations pour la paix au Mali auraient pu être évitées. Cela aurait constitué un gain de temps non négligeable, voire appréciable dans la gestion du fond du dossier.

Nous frisons aujourd’hui la crise diplomatique avec un pays si essentiel pour le Mali. L’erreur d’aiguillage de cette presse doit être redressée pour que soit rapidement gérées ces nouvelles si alarmantes qui nous proviennent de Abeïbara, Tin -Essako et Alkit. Pour mettre fin à déjà tant de traumatisme, à déjà tant de sang versé!

La presse doit aider à faire la paix en accompagnant les initiatives qui la généreront, car aussi vaillants que soient les correspondants de guerre, très peu reviennent du front.

S. El Moctar Kounta

18 avril 2008.