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A l’Office du Niger, le potentiel agricole existe, la volonté, la vision et l’engagement du gouvernement sont nets. Il ne reste plus que la participation des paysans pour que le défi du développement agricole soit relevé. C’est le constat qui ressort de la tournée de trois jours du Premier ministre, Modibo Sididé, en quatrième région.

Pour sa toute première visite de terrain, après un passage éclair à Koulikoro où il a présidé la journée nationale de vaccination des bovins, il y a environ trois mois, le Premier ministre, Modibo Sidibé, a choisi la quatrième région du Mali, Ségou et principalement la zone Office du Niger. Ce choix, a-il indiqué, est le témoignage de l’intérêt que le gouvernement, sous la férule du Président de la République, Amadou Toumani Touré, accorde à ce symbole de développement.

Partie de Bamako, à 15 heures précises pour la quatrième région, le vendredi 29 février dernier, la délégation du Premier ministre, Modibo Sidibé, comprenait le ministre de l’Agriculture, Tiémoko Sangaré, son homologue de l’Elevage de la pêche, Mme Diallo Madeleine Bah, ainsi que celui de l’Administration territoriale et des Collectivités Locales, le Général Kafougouna Koné. S’y ajoutent le chef de Cabinet de la primature, Alou Sow, ainsi que plusieurs conseillers techniques du Premier ministre, dont celui en charge de l’Agriculture, Bakary Kanté et de la Communication, Cheikna Hamalla Diarra.

C’est à Banankoroni, une localité située à 15 km de la ville de Ségou, que les populations de la cité des balanzans, sous la houlette des autorités de la ville, le gouverneur Abou Sow, le maire Bréma Thiéro ainsi que les notabilités, ont tenu à rendre un vibrant hommage au chef du gouvernement à travers une grande démonstration de force.


« Modobo Sidibé, le bon choix« 

Après les salutations d’usage nourries d’applaudissements et de slogans du genre : « Modibo Sidibé, le bon choix. Modibo Sidibé, l’espoir du Mali » de la part des jeunes de l’ADEMA PASJ et du Mouvement Citoyen, un cortège impressionnant se dirigea vers la ville de Ségou, accompagné de part et d’autre par des cavaliers au pas royal.

Après avoir passé une nuit dans l’ancienne capitale du royaume bambara de Ségou, le chef du gouvernement a véritablement commencé sa tournée, le samedi 1er mars, par Markala, la cité ouvrière.

Pour entamer cette étape, le Premier ministre a troqué le classique costume, cravate et souliers contre trois-poches de couleur grise, coiffé d’une torpédo et une crêpe de même de couleur que sa tenue de terrain.

Là, la mobilisation était également au rendez-vous. Dans ce bain de foule qu’il a pris, Modibo Sidibé a distribué des centaines de poignées de main à des citoyens en délire, au rythme de la musique du terroir. Au barrage de Markala, porte d’entrée de l’Office du Niger, le chef de l’exécutif a eu droit à une visite commentée du PDG de l’Office du Niger, Seydou Idrissa Traoré, qui a axé son intervention sur la genèse de l’histoire de cette œuvre gigantesque, qui constitue l’épine dorsale du géant de la riziculture.

Répondant aux questions des journalistes, le Premier ministre a laissé entendre que « le barrage de Markala est un symbole précieux, plein d’histoire qui joue un rôle essentiel dans le développement de l’agriculture« .

Avant de prendre la route pour que Ké-Macina où il a donné le coup de pioche au projet d’électrification de la ville. D’un coût de 789 443 641 de F CFA, les travaux du projet comprendront, la réalisation d’un local pour groupes électrogènes, la fourniture et la mise en place de trois groupes électrogènes de 350 KVA chacun avec accessoires, une cuve de 1590 000 litres de gasoil et une cuve journalière de 500 litres, la fourniture et la pose de support pour un réseau de moyenne tension et de baisse tension égale à 639 unités.

Ce n’est pas tout. Il y a également la fourniture et la pose de câbles torsadés tous confondus de 44 000 ml et 250 points lumineux.

A noter que ce projet, dont les travaux sont en cours, est une promesse électorale du Président de la République, Amadou Toumani Touré aux populations de Ké-Macina. Ainsi, chose promise, chose faite. De quoi apporté joie et satisfaction chez les populations de Ké-Macina.
Le Premier ministre échange avec les producteurs

Autres visites de terrain du Premier ministre, le site des travaux d’aménagement et de réhabilitation de Niaro et le Fala de Boky-Wèrè dans la zone de Kolongo-Tomo. Il s’agit du projet de développement agricole de la vallée du Niger. Les travaux concernent 520 ha à Siengo extension et la réhabilitation de 700 ha dans le casier de Niaro.

Ici, les explications techniques des experts de l’Office du Niger sur les travaux d’aménagement, dont l’immensité est à perte de vue, ont émerveillé le Premier ministre. Continuant son périple, Modibo Sidibé et la délégation qui l’accompagne ont mis le cap sur Niono via Siribala.

En cours de route, la délégation a eu un bref entretien avec les responsables de Société sucrière de Markala (SOSUMAR) et ceux de la SUKALA SA avant de visiter des parcelles de canne à sucre en bordure de la route. A Niono, la visite du Premier ministre a concerné les parcelles de tournesol de Abou Yoro Traoré, un entrepreneur malien qui fait vraiment parler de lui en matière d’initiative privée, et les périmètres de contre saison des femmes. (Nous reviendrons sur cette étape dans notre prochaine édition avec la correspondance de Zhao Ahmed Bamba).

Après Niono, le chef de l’exécutif a repris son bâton de pèlerin, le dimanche 2 mars, en direction de la zone de N’Débougou, où il a visité la mini-rizerie de Modibo Kimbiri qui est, en effet, une belle réussite d’une initiative privée en matière de micro-insdustrie. Dans le Kroumari – cette fois-ci dans la zone de Diabaly – Modibo Sidibé a visité la prise d’eau du projet MCA à Alatona, avant de se rendre sur les périmètres de Niéssoumana, les périmètres maraîchers des femmes et la prise du canal de l’UEMOA qui a bouclé la visite de terrain du Premier ministre.

Face à tout ce qu’il a vu et entendu, Modibo Sidibé a exprimé toute sa fierté pour le Mali d’avoir autant de potentialités agricoles. « Beaucoup de choses ont été faites, cependant il reste également beaucoup de choses à faire » a-t-il déclaré avant de réaffirmer la volonté du gouvernement à accompagner la dynamique lancée dans le cadre du développement agricole.

Des difficultés de part et d’autre

Après les visites de terrain, le Premier ministre a rencontré, partout où il a été – que ça soit à Ké-Macina, Kolongo-Tomo, Diabaly ou encore à Niono – les responsables administratifs, techniques, les élus et les exploitants agricoles. Dans un dialogue direct, ils ont évalué les potentialités, étudié les difficultés et partagé les tâches pour que la machine de développement, déjà en marche à l’Office du Niger, ne soit pas grippée.

A l’Office du Niger, si l’existence du potentiel en matière de développement agricole ne fait l’objet d’aucun doute au regard de la surface aménageable, de la présence du pont-barrage de Markala qui assure l’irrigation des périmètres, il n’en demeure pas vrai que les questions d’engrais, d’équipements agricoles, d’entretien des infrastructures hydrauliques, de valorisation des produits maraîchers, d’installation anarchique des privés ainsi que la participation paysanne aux aménagements, sans compter l’environnement social, constituent un véritable sujet de préoccupation des paysans.

Ceux-ci ont soutenu haut et fort qu’ils ont faim et soif au regard de la production insignifiante, pour ne pas dire inexistante, due à l’insuffisance de l’eau. Conséquence, ils n’ont pas les moyens de s’acquitter, cette année, du payement de la redevance-eau. Une question qui fâche chaque année à l’Office du Niger tout en faisant brûler le torchon entre les paysans et la direction de l’établissement.

A ce niveau, le PDG Seydou Idrissa Traoré soutient que l’Office du Niger a même besoin d’être « réhabilité pour répondre favorablement aux aspirations de développement agricole de notre pays« . Pour atteindre cet objectif, l’entretien du barrage de Markala, qui est même le cerveau des systèmes d’hydrauliques de l’Office du Niger, le curage et le nettoyage systématique des canaux d’irrigation et l’intensification des travaux d’aménagement s’imposent.

Sur ce dernier point voici des chiffres qui montrent à quel point le développement agricole n’était pas la chose la mieux partagée chez nos dirigeants. Jugez en vous-mêmes : de 1934, date de la création de l’Office du Niger à 1960, date de l’indépendance du Mali, ce sont 55 000 ha qui ont été aménagés. De cette date à 2007, il y a eu 32 692 ha, soit un total de 87 692 ha dont 5 806 ha de canne de SUKALA SA.

La volonté et l’engagement de ATT et du gouvernement Modibo Sidibé

Aujourd’hui, le président ATT et le gouvernement en place entendent donner un coup d’accélérateur à l’aménagement agricole dans le cadre du Projet de Développement Economique et Social (PDES) par la réalisation de 60 000 ha d’ici 2012 avec comme objectif de produire dix millions de tonnes de céréales. Pour gagner ce pari, « l’espoir est, tout de même, permis, avec la loi d’orientation agricole qui prévoit des fonds de crédits pour les besoins de la cause » a souligné le Premier ministre, qui a également annoncé prochainement la tenue d’un Conseil supérieur de l’agriculture afin de coordonner toutes les actions visant le développement de cette filière au Mali.

Se prononçant sur les différents sujets évoqués par les paysans et la direction de l’Office du Niger, le Premier ministre Modibo Sidibé, a appelé les uns et les autres au respect des principes. « Le payement de la redevance eau est une obligation pour la survie de l’Office du Niger » a-t-il martelé avant d’inviter les paysans et la direction de l’ON au dialogue. Aussi a-t-il réaffirmé que « l’Etat ne faillira pas à son devoir« .

Aussi, indiquera-t-il qu' »aujourd’hui, la volonté, la vision et l’engagement du gouvernement sont nets. Il suffit qu’ils soient accompagnés par la participation paysanne pour qu’ensemble, nous gagnions le pari du développement agricole, qui est une volonté chère au président de la République« . Pour cela, le chef du gouvernement a invité les paysans à mieux s’organiser. « Si vous êtes bien organisés, les problèmes d’engrais, d’équipement agricole et même de la redevance eau trouveront des solutions, à la grande satisfaction de tous les acteurs du développement agricole. Ainsi, nous allons réussir le décollage économique » a déclaré le Premier ministre.

Echanges directs avec toutes les parties

Ensuite, après les échanges directs avec les exploitants agricoles, Modibo Sidibé a eu une séance de synthèse. Il nous est revenu qu’au cours de cette rencontre, le chef du gouvernement a distribué les rôles à tout à un chacun : paysans, direction de l’Office du Niger, ministère de l’Agriculture et la BNDA, la banque agricole, afin que l’objectif de faire l’ON une puissance agricole se réalise.

Le Premier ministre a bouclé sa tournée par une réunion avec la société civile de Ségou à la mairie, où les revendications ont porté sur l’extension de l’électrification et la réhabilitation de la grande ferme de la ville.

Enfin, il s’est rendu sur le chantier de la grande mosquée de Ségou où les travaux avancent formidablement…

Alassane Diarra

05 Mars 2008.