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Jusqu’à l’annonce samedi par Dramane Dembélé de sa décision d’appeler à voter pour IBK au second tour de l’élection présidentielle fixé au 11 août, Soumaïla Cissé nourrissait quelque espoir de rattraper les vingt points le séparant de son rival arrivé en tête à l’issue du premier tour qui s’est joué le 28 juillet.

Mais avec le désordre installé au sein de l’ADEMA suite à cette sortie inattendue, le candidat de l’URD ne devrait plus pouvoir engranger les 9,8% des voix qui s’étaient portées sur Dembélé. En dépit de la consigne que pourrait donner en sa faveur le directoire de la ruche, en vertu de l’accord liant les composantes du FDR. Il devra se résigner à partager ces voix avec son concurrent du RPM Mali 2013. Ce qui, forcément, réduira le score escompté.

L’ADEMA en déconfiture n’offrant plus une base saine pour accroître ses chances de conquérir le palais de Koulouba, l’ex-argentier de la République sous Alpha Oumar Konaré et non moins ex-président de la Commission de l’UEMOA doit regarder avec un intérêt renouvelé du côté de l’ancien Premier ministre Modibo Sidibé et ses amis des FARE.

Ils ont obtenu 4,6% des suffrages. Ce n’est pas négligeable dans les circonstances actuelles. A supposer que les 151 801 électeurs représentés dans ce pourcentage reportent intégralement leurs voix sur Soumi – ce qui est très peu probable – celui-ci sera toujours loin du compte pour battre IBK. Il ne serait pas plus avancé si, d’extraordinaire, les 54 350 bulletins de vote favorables à Jeamille Bittar, autre allié du FDR, étaient miraculeusement reportés sur lui. Car, au Mali, on ne le sait que trop, les consignes de report de vote ne sont pas automatiques.

En raison de son immaturité politique, l’électeur vote le plus souvent moins pour un projet de société ou, chose plus rare, un programme de gouvernement, que pour un homme en qui il a placé sa confiance pour tel ou tel acte qu’il a posé dans l’intérêt public. Aussi, le vote est-il d’abord une affaire personnelle. Un contrat moral entre le candidat et l’électeur.

Faut-il en déduire que Soumaïla Cissé a perdu d’avance ? Que nenni ! Le scrutin à venir sera déterminé par deux facteurs.

Le premier est constitué par les 49% des électeurs inscrits qui ne se sont pas déplacés aux urnes lors du premier tour. Celui des deux candidats qui réussira à les sortir de leur indifférence et à voter pour lui renforcera sa position.

Le second facteur réside dans l’amélioration de la façon de voter, encore mal comprise par un nombre considérable de nos compatriotes, comme l’ont montré les 403 000 bulletins classés nuls lors du scrutin du 28 juillet.

Un beau duel donc en perspective entre Soumi et son ainé IBK. Deux hommes qui se connaissent bien et s’apprécient, que les vicissitudes de la vie politique ont transformé en adversaires.

Saouti Labass HAIDARA

05 Août 2013