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La voie ferroviaire constitue également le seul relais permanent et sûr entre les localités riveraines du rail dont les activités, du fait de leur enclavement, sont totalement tributaires du rail.

De plus on peut considérer que cette voie est un facteur important d’intégration sous-régionale. Mais, hélas, ce n’est pas cette réalité que reflètent nos rails pour le moment. Avec la concession, on se croyait sorti de l’auberge. Avec le temps, les plaintes des usagers de ce moyen de transport allaient crescendo.

C’est ce qui a poussé le Mali et le Sénégal, en juillet 2003, à faire l’expertise des matériels voyageurs actuellement en exploitation sur le chemin de fer Dakar-Bamako. Cette enquête a démontré que le matériel, à l’exception de quelques voitures, est « dans un état de dégradation avancée, tant sur le plan technique que sur celui de l’aménagement et du confort des usagers ».

Ce constat démontre, si besoin en était encore, que la sécurité et la fiabilité de ces voitures ne sont plus garanties. Ces wagons n’étant, eux aussi, plus récupérables car le coût d’une réhabilitation serait prohibitif.

Or, les autorités sénégalaises et maliennes, à qui l’intégration tient à cœur, pensent que « le désenclavement et la cohésion sociale passent par le voyage ininterrompu des voyageurs non seulement entre Bamako et Dakar, mais aussi à l’intérieur du Mali ».

Aussi, compte tenu des liens séculaires qui existent entre les deux Etats et l’Inde, les gouvernements du Sénégal et du Mali ont sollicité et obtenu, en mars 2005, l’assistance de l’Inde pour le financement de l’acquisition de quatre locomotives et soixante voitures voyageurs pour l’exploitation des lignes voyageurs.

Le protocole d’accord, qui a été signé entre les ministres malien, Adoulaye Goïta, sénégalais, Mamadou Seck et Rites Limited, une société indienne, démontre que les deux parties ont convenu sur un certain nombre de points.

Il s’agit de la fourniture de 4 locomotives 2 300 hp à écartement métrique (1,000 m), 60 voitures à écartement métrique (1,000 m) réparties comme suit : 4 de première classe climatisées, 43 de deuxième classe ventilées, 2 climatisées avec couchettes, 1 (restaurant/bar) climatisée, 6 fourgons à bagages et 2 voitures fourgons générateurs.

Les deux parties conviendront, d’un commun accord, du calendrier de réalisation de ces prestations.

Selon les informations que nous avons reçues du Département de l’Equipement et des Transports, ce sera chose faite dans les mois à venir.

Espérons que ce matériel inaugurera une nouvelle ère dans le transport ferroviaire en lui redonnant ses lettres de noblesse.

Paul Mben

22 Mars 2005