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La scène se passe à Moribabougou. K. D., un tradithérapeute, spécialisé dans le traitement des maladies pernicieuses et dans l’avortement, cause la mort d’une domestique et l’enterre derrière sa maison. S. K., la jeune fille en question en était à son quatrième avortement chez K.D.

jpg_d-2.jpgA chaque fois qu’elle tombait enceinte, elle se faisait avorter par K. D. Comme elle n’a pas de moyen pour payer le coût, elle s’offrait gratuitement à K. D. après chaque avortement lorsque la douleur s’estompait. Tous les voisins de K. D. étaient au courant de cette connivence mais personne ne sait exactement là où « l’aide ménagère » résidait.

Quand la jeune fille est tombée enceinte pour la quatrième fois, elle s’est dirigée, comme d’habitude, chez K. D. Mais, cette fois-ci, ce qui ne devait être qu’un jeu d’enfant a tourné au vinaigre. La jeune fille meurt sous le coup de la douleur.

K. D. n’a pas cherché loin. Il a enterré le corps de la jeune domestique derrière sa maison. Cela s’est passé au vu et au su des voisins qui ont peur de dénoncer K. D. à cause de ses connaissances occultes.

Bien que l’événement soit au centre des débats dans les maisons, personne n’a, jusque-là, osé dénoncer le « meurtrier » à la police. Le tradithérapeute continue d’exercer comme si de rien n’était.

Sidiki Doumbia

Les Échos du 16 Février 2009