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Si NOKIA s’est hissé au hit-parade de la téléphonie mobile, devenant ainsi l’un des “nec-plus-ultra” de la technologie du 21e siècle, il le doit surtout à un homme à poigne, dont la main de fer est enveloppée dans un gant de velours.


Histoire de groupe

Créé en 1865, le groupe NOKIA, conçu, au début, pour l’exploitation du bois de forêts, se débattait pour poursuivre une expansion hasardeuse dans l’électronique “grand public” et l’informatique, combinant la fabrication de télévisions à celle des pneus, et même la production d’électricité.

Alors que la plupart des groupes occidentaux n’accordaient aucun intérêt à ces “petits objets nasillards” (les portables), les Scandinaves se lancèrent avec hargne dans la recherche électronique et finirent par en maîtriser la technique, dès le début des années 1980. Si bien que NOKIA et ERIKSSON acquirent, en sous-main, une grande expertise dans ce domaine.

Si le rachat d’ERIKSSON par NOKIA avait réussi, NOKIA ne serait pas devenu le N°1, ou du moins, l’une des élites du téléphone mobile. Et l’on aurait jamais entendu parler d’un certain Jorma Ollila.

Trois mois avant sa nomination comme PDG du groupe, en janvier 1992, les banques finlandaises, majoritaires dans le conglomérat, étaient en pourparlers avec leur concurrent suédois. ERIKSSON, lui, y avait renoncé, après de lourdes pertes enregistrées dans le secteur électronique.


Un homme aux idées“mobiles

Ni britannique, ni néerlandais, le père de l’empire NOKIA est doué d’une intelligence de génie et d’un sens inné de l’organisation. C’est un Hollandais “pur sucre” qui, avec une volonté d’acier, a imprimé sa marque au nouveau NOKIA.

Jorma Ollila a été membre du conseil d’administration du conclave des magnats et hommes politiques influents : les groupes Ford et Bilderberg. Cependant, au cours de ces dernières années (depuis novembre 2005), la couronne du “Roi des mobiles” a vacillé sur sa tête. Et les analystes ne donnaient pas cher de la peau de NOKIA.

Pour eux, le géant du portable ne pourra pas supporter longtemps le poids du marché mondial avoisinant les 40% d’une part, et les marges dépassant les 20% sur les portables, d’autre part. Surtout que ces marges sont soumises à une rude concurrence de MOTOROLA et des Asiatiques.

Sous le règne d’Ollila, NOKIA a exercé une domination incontestable dans le domaine du mobile, au milieu des années 1990. Et l’homme en est plutôt satisfait : “Notre part du marché n’a pas son pareil dans l’industrie électronique mondiale. Nos marges sont ce qui se fait de mieux”.


Un optimisme très“portable”

Bjorn Walross est le PDG de SAMPO, l’un des premiers groupes financiers finlandais. Il connaît le patron de NOKIA depuis plus de 20 ans, et dit de lui : “Il était le seul à avoir compris qu’il avait sous la main un produit qui, si l’on y consacrait l’investissement nécessaire, pouvait conquérir le monde”.

Ancien de la CITIBANK, Jorma Ollila bossait depuis 17 ans à NOKIA lorsqu’il en prit les rênes. Du temps où il en dirigeait les services financiers, la “boîte mobile” était au plus mal. A tel point que le charismatique patron d’alors avait failli… se suicider de désespoir, en 1988.

Mais son successeur, Jorma, à 54 ans, est plus que jamais optimiste : “Je me sens parfaitement en forme, physiquement et mentalement. Et je n’ai pas encore dit mon dernier mot !” ..

La clé de la réussite du promoteur de NOKIA s’inspire tout simplement de est enseignement du philosophe chinois, Lao Tseu:“Le meilleur chef est celui qui ne se met pas en avant. Quant il a fait son travail, et atteint ses objectifs, ceux qui l’entourent sont persuadés que tout le mérite leur en revient”.

Oumar DIAWARA

04 octobre 2007.