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L’émissaire de l’ONU Horst Kohler réunit mercredi et jeudi à Genève le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie pour une « table ronde initiale », avec l’espoir de relancer les négociations sur ce territoire disputé du Sahara occidental, au point mort depuis 2012. « Il est temps d’ouvrir un nouveau chapitre dans le processus politique », souligne la lettre d’invitation adressée en octobre par Horst Kohler, décidé à trouver une solution pour le dernier territoire du continent africain en attente d’un statut post-colonial. Le Polisario, qui a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique (RASD), réclame l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour régler le conflit né au moment du départ des colons espagnols. Le Maroc contrôle dans les faits 80% de ce territoire désertique de 266.000 km2 et traite comme ses dix autres provinces cette région dotée de 1.500 km de littoral atlantique poissonneux et d’un sous-sol riche en phosphates. Rabat rejette toute solution autre qu’une autonomie sous sa souveraineté en invoquant la nécessité de préserver la stabilité régionale. – Réfugiés – Dans l’attente d’un règlement, de 100.000 à 200.000 réfugiés –selon les sources, en l’absence de recensement officiel– vivent dans des conditions précaires dans des camps près de la ville algérienne de Tindouf, à 1.800 km au sud-ouest d’Alger, près de la frontière avec le Maroc. Le dernier cycle de négociations directes lancé par l’ONU en mars 2007 s’est enlisé en mars 2012, le Maroc et le Polisario campant sur des positions inconciliables concernant le statut et le référendum. En charge du dossier depuis 2017, l’ex-président allemand Horst Kohler a déjà rencontré plusieurs fois, mais séparément, les différentes parties, notamment lors d’une tournée régionale. Ses efforts ont permis d’asseoir à la même table le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, même si le format de la réunion ne fait pas l’unanimité parmi les invités: Alger assure venir en tant que « pays observateur » alors que Rabat considère son voisin comme « partie prenante »… AFP