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Cela fait plus d’un mois que le Cadre de concertation de la filière pain (CCFP) regroupant syndicats de boulangers, meuniers et associations de consommateurs avait donné l’alerte. Le CCFP avait adressé en début octobre 2007 une correspondance au ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce pour l’informer de la hausse générale du prix de la baguette de 125 à 150 F CFA et le gros pain de 250 à 300 F CFA à compter du 15 octobre 2007. Cette mesure, justifie-t-il, est consécutive à la flambée internationale du prix du blé à plus de 102 % en une année.

L’augmentation des prix a été unanimement décidée par l’assemblée générale du 12 novembre du CCFP, présidée par son président, Mamadou Lamine Haïdara, avec la participation des acteurs de la filière. L’augmentation générale est mise en vigueur depuis hier à minuit et sera constatée dès ce matin par les consommateurs aux guichets des boulangeries et boutiques de quartiers.

Les négociations ouvertes entre le CCFP et le gouvernement depuis quelques semaines sont toujours dans l’impasse. C’est pourquoi les trois syndicats des partons de boulangers : Syndicat national des boulangers, Syndicat patronal des boulangers et l’Alliance des boulangers du Mali ont, à l’issue de leurs assemblées générales des 6 et 12 novembre 2007, plaidé en faveur de la hausse des prix.

Les négociations ne sont pas pour autant fermées. Le CCFP invite le ministère de l’Economie à l’ouverture de négociations sur les mesures d’accompagnement contenues dans son dernier mémo aux fins de stabiliser la situation ou de diminuer dans le futur le prix du pain et anticiper sur l’avenir en faisant de notre pays un grand producteur de blé.

Les mesures d’accompagnement portent sur l’exonération de la TVA sur les achats des intrants et les coûts des facteurs de production ; l’implication de l’Etat dans le projet blé du Mali piloté par la Compagnie malienne de développement de blé (CMDB) ; la prise par l’Etat de mesures économiques volontaristes allant dans le sens de la protection des unités industrielles locales évoluant dans la filière pain ; l’accélération du projet d’installation des kiosques à pain au compte des livreurs et des détaillants.

La solution préconisée par le gouvernement consiste à diminuer de quelques grammes le poids du pain. Une première expérience a été mise en œuvre en août dernier. La baguette est passée de 200 g à 150 g et le gros pain de 400 g à 300 g. Mais, cette mesure, apparemment s’est avérée inefficace pour le CCFP, qui pense qu’aucun pays ne peut maîtriser la conjoncturelle actuelle.

Pour le consommateur, l’équation est simple : c’est à prendre ou à laisser.

Abdrahamane Dicko

14 novembre 2007.