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Avec l’évolution contrastée de la mortalité et de la fécondité, les pays du Sahel connaissent une croissance très rapide de leurs populations. Le taux d’accroissement annuel moyen est estimé à 2,6% sur la période 1975-2001 dans les pays du CILSS, ce qui sans changement, correspond à un doublement de la population tous les 28 ans.

Si l’augmentation des naissances à long terme est bonne pour ces pays à court terme, elle pose de sérieux problèmes à l’Etat et aux ressources naturelles.

L’etat entre les pays du sahel et le reste du monde

A l’exception du Cap Vert, le taux d’accroissement dépasse 2,5% dans tous les pays du Sahel avec des niveaux maximum de 3% et plus au Niger, en Guinée Bissau et en Gambie. Les perspectives sur les 15 prochaines années montrent que ce rythme de croissance est amené à se poursuivre.

A l’exception du Sénégal, de la Gambie, le taux annuel d’accroissement pour 2001-1015 est estimé d’un niveau comparable et même généralement supérieur à celui des années 1975-2001. Sur ce point encore, l’écart se creuse entre le Sahel et le reste du monde où le rythme de croissance démographique est partout à la baisse. Le taux d’accroissement démographique des pays du Sahel est supérieur par rapport à la moyenne subsaharienne.


Les problèmes de la croissance démographique

La gestion de cet accroissement de la population constitue un défi majeur pour les pays du Sahel et cela à plusieurs niveaux : l’augmentation rapide de la population génère une pression sur les ressources.

Dans des économies dominées par l’agriculture, l’accès aux terres est un enjeu important et sauf transformation majeure des modes de production, la pression foncière, qui se manifeste déjà, ne fera que s’accélérer avec pour corollaires probables, une détérioration de l’environnement (appauvrissement des sols, déforestation…) et des risques de conflits et d’inégalités socio-économiques croissantes.

L’augmentation de la population se traduira aussi par une augmentation des migrations, notamment vers les villes. Le taux de croissance des villes est trois fois plus élevé que celui du monde rural (5,6% contre 1,9%. Le milieu urbain regroupe actuellement un quart environ de la population sahélienne, on estime qu’il en réunira la moitié en 2025.

La prise en charge de la croissance urbaine, en terme d’habitat d’infrastructures mais aussi d’emploi, est donc un véritable enjeu. Et enfin, le développement des services publics de base (santé, écoles…) nécessitera une mobilisation considérable de moyens, dont le déploiement s’avère aujourd’hui déjà bien difficile.

L’examen des différents indicateurs démographiques met en évidence le fossé croissant entre l’Afrique Sahélienne et le reste du monde. Partout où la situation sanitaire est initialement plus défavorable, les pays du CILSS ont connu des progrès plus lents au cours des dernières décennies.

Cette augmentation de la population dans les pays du Sahel cause de sérieux problèmes aux ressources naturelles (eaux, forêts, terres).

Mamoutou DIALLO

05 Février 2009