Partager

Le ministère du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées organise, depuis hier, au Centre International de Conférences de Bamako (CICB) des journées nationales de concertation sur les projets de textes de l’Assurance Maladie Obligatoire et du Fonds d’Assistance Médicale. C’est le ministre en charge du Développement Social, Sékou Diakité, qui a présidé l’ouverture des travaux.

Depuis quelques années, un processus a été engagé par le ministère du Développement Social, de la Solidarité et des Personnes Agées, en collaboration avec les autres départements ministériels,

les syndicats, le patronat, les collectivités territoriales et la société civile pour opérer une importante reforme dans le domaine de la couverture sociale de la maladie à travers la mise en place de l’Assurance Maladie Obligatoire et le Fonds d’Assistance Médicale.

Dans cette optique, des études de concertations ont été déjà organisées sur les différents paramètres permettant de mettre en place ces deux importants dispositifs.

Aujourd’hui, le gouvernement, à travers le département du Développement Social,

de la Solidarité et des Personnes Agées, s’est engagé dans un processus devant assurer à terme la couverture collective des risques sociaux en général et ceux liés à la maladie en particulier de l’ensemble des citoyens ainsi que le préconisent par ailleurs l’Organisation Internationale du Travail et l’Organisation Mondiale de la Santé.

Tout d’abord, l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) concerne les fonctionnaires, les travailleurs et les députés en activité ou à la retraite, ainsi que leur ayant-droits.

Ils représentent environ 16,3% de la population. Les ressources de l’AMO proviennent des cotisations des salariés et des employeurs (secteurs public et privé)

Le Fonds d’Assistance Médicale concerne les personnes indigentes. Cette catégorie représente environ 5% de la population. Les ressources du FAM proviennent des budgets d’Etat et des Collectivités Territoriales.

Ainsi, ces deux facteurs de protection sociale contribueront à améliorer l’accessibilité financière des populations concernées aux soins de santé ainsi qu’à l’amélioration de la qualité des services de santé. Le ministre Sékou Diakité, dans son allocution, a évoqué de la prise en compte de deux enjeux majeurs.

Le premier est celui de marquer un moment décisif dans le processus d’implantation de ces deux dispositifs reconnus comme, une des réformes les plus importantes de ces dernières années en matière de protection sociale en général et de couverture sociale de la maladie en particulier.

Le second, essentiel pour bâtir un système de protection social efficace et pérenne, est celui de raffermir la dynamique partenariale tout au long du processus de mise en place de toutes réformes du genre.

L’importance de ces deux enjeux, dira le ministre « est d’autant plus à souligner que l’instauration de deux dispositifs de protection sociale dont il est question permettra à notre pays d’assurer, par un système de solidarité et la mutualisation du risque,

l’accès aux services de santé d’environ 21,3% de la population dont 16,3% par l’Assurance Maladie Obligatoire et environ 5% par le Fonds d’Assistance Médicale ».

Son succès, estime le ministre, débouchera, ainsi qu’il le souhaite, sur l’adoption officielle, au cours des prochaines échéances, de l’ensemble des paramètres techniques et institutionnels de ces deux mécanismes déjà largement analysés au cours des précédentes étapes.

Le président du Patronat National du Mali, Moussa Balla Coulibaly, de saluer l’initiative du ministère de tutelle d’associer les partenaires sociaux au débat pour ensuite affirmer que  » l’introduction de l’Assurance Maladie Obligatoire dans notre système constitue certainement une évolution considérable dans la recherche du bien-être des populations« .

Il ajoute que si cette vision des choses est partagée par les autorités, elle devrait emporter l’adhésion pleine et entière des Employeurs à l’introduction de l’AMO dans le système de santé malien.

Ainsi « les patrons sont convaincus que dans un monde où le maître mot reste la compétitivité et la productivité, seul un système de santé bien géré au profit des travailleurs des entreprises permettrait à celles-ci de contribuer mieux au développement du pays et de s’intégrer avantageusement à l’économie mondiale  » l’a-t-il laissé entendre.

Le Secrétaire général de l’UNTM, Siaka Diakité, de dire à son tour que la campagne d’information et de sensibilisation doit être poursuivie intensément pour convaincre quelques sceptiques ou ceux encore se repandant en thèse et anti-thèse

« nous allons pour notre part nous y engager sûrement tout en souhaitant que le niveau de cotisation pour les salariés soit supportable eu égard à la fragilité des salaires aujourd’hui  » l’a-t-il confié.

Le ministre du Développement Social, à travers son département, soucieux de mettre en place, avec ses partenaires sociaux, des mécanismes de protection sociale efficace et durable, saura privilégier au cours des étapes à venir, la démarche de concertation.

Fatoumata Mah THIAM DOUMBIA

20 Mai 2008