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En réaction à notre article intitulé «Anciens volontaires de l’APEJ : le chantage de l’assistanat» paru dans L’Indépendant n°2082 du mardi 11 novembre 2008, nous avons reçu un droit de réponse de l’association des jeunes volontaires de l’APEJ que nous vous publions ci-dessous en intégralité, suivi de notre réponse.

Monsieur le Directeur du quotidien d’information l’Indépendant, nous voudrions apporter des éclaircissements sur certaines informations inexactes et calomnieuses écrites par M. Alassane Diarra dans votre parution n°2082 en date du Mardi 11 novembre 2008.

En effet, en se faisant l’avocat du diable, M. Alassane Diarra a écrit, à propos des volontaires de l’APEJ, ce qui suit :

Que le gouvernement a prorogé le contrat des volontaires d’une année seulement, ce qui n’est pas vrai, le contrat a fait l’objet de trois prorogations (une année, sept mois et six mois).

Poursuivant toujours sa harangue, M. Diarra prétend que nous avons demandé au gouvernement notre recrutement pur et simple dans la fonction publique, ce qui n’est pas fondé. Nous avons demandé à être des conventionnaires dans les services publics et para-publics, sachant bien que le recrutement dans la fonction publique s’opère par voie de concours.

S’érigeant en pseudo juriste, M. Diarra fait également allusion à une clause de l’acte d’engagement unilatéral qui dit «je reconnais que la qualité de volontariat ne me confère aucun titre ni aucun droit …etc» ce que M. Diarra ignore c’est qu’une clause d’un contrat ne peut se déroger à une disposition d’ordre public.

Nous le renvoyons à la loi n°92.023AN-RM du 23 septembre 1992 portant code de travail au Mali et qui règlemente le contrat à durée indéterminée, le contrat de qualification….

Mieux encore, M. Diarra, dans sa mission téléguidée, va jusqu’à qualifier notre grève de la faim de «prétendue grève de faim». En bon journaliste, a-t-il vérifié au niveau du service des urgences de l’hôpital Gabriel Touré le nombre de grévistes qui ont été admis pendant les trois jours? Les statistiques sont disponibles et le nombre de grévistes sous perfusion est également disponible au CESCOM de la commune II.

M. Diarra, nous ne demandons pas à être soumis à un régime d’assistanat encore moins à un régime de curatelle ou de tutelle mais sachez que nous réclamons un droit en toute légalité et non une charité ou une aumône et la grève de la faim constitue un moyen de revendication légale, plus pacifique que la marche, le sit-in ou autres.

Le gouvernement même a reconnu ses erreurs pour avoir reconduit plus de deux fois le contrat des volontaires. Alors, pourquoi vous prétendez-vous plus royaliste que le roi ?

Pourquoi n’avez-vous pas réagi depuis la première couverture de nos activités par votre organe?

Et pourquoi réagissez-vous après la signature d’un protocole d’accord avec le gouvernement? Existe t-il une main invisible derrière votre plume ? N’avez-vous pas troqué votre plume par hasard ?

A mon humble avis, un journaliste averti prend toujours soin de vérifier la véracité de ses informations avant de se mettre à table.

Après lecture de votre article, on se rend vite compte que vous faites preuve d’une partialité manifeste.

Alors M. Diarra, soyez un journaliste impartial et gardez votre plume indépendante pour le respect du nom de votre quotidien d’information «L’Indépendant».

Avec tout le respect que nous avons pour le journal «L’Indépendant».

Commission de l’Association des Jeunes Volontaires de l’APEJ

Association des Jeunes Volontaires de l’APEJ (AJVA)

Le Président

Abidina Karembé

Notre réponse

De quel droit vous prévalez-vous ?

Mesdames et Messieurs de l’Association des jeunes volontaires de l’APEJ, en accusant bonne réception de votre droit de réponse relatif à mon article paru dans L’Indépendant N°2082 du mardi 11 novembre 2008 sous le titre «Anciens volontaires de l’APEJ : le chantage de l’assistanat», j’ai pu retenir ceci : «Monsieur Diarra, nous ne demandons pas à être soumis à un régime d’assistanat encore moins à un régime de curatelle ou de tutelle mais sachez que nous réclamons un droit en toute légalité et non une charité ou une aumône et la grève de la faim constitue un moyen de revendication légale plus pacifique que la marche, le sit-in ou autres».

Hé bien, de quel droit vous prévalez-vous ? Que le gouvernement, par souci de stabilité sociale, ait reconduit à trois reprises vos contrats de stage n’a absolument rien à voir avec un contrat de travail. Après plus d’une année de volontariat, il faut laisser la place à d’autres jeunes pour bénéficier des stages.

Mesdames et Messieurs de l’association des jeunes volontaires de l’APEJ, vos revendications sont assez maximalistes et dépourvues de toute raison et de toute logique. Vous n’êtes pas les seuls Maliens à la recherche de l’emploi. Donc, cessez de faire du chantage et de la surenchère.

Pour être un conventionnaire dans les services publics ou parapublics ou même dans un secteur privé, il faut, normalement, avoir de la compétence. Ce qui ne semble pas être votre cas, sinon beaucoup de vos camarades volontaires de l’APEJ ont été retenus dans des services publics ou parapublics grâce à leur savoir-faire et leur sérieux dans le travail.

Mesdames et Messieurs de l’Association des jeunes volontaires de l’APEJ, si vous n’êtes pas parmi les heureux contractuels, il ne faudra pas vous aen prendre à l’Etat, mais à vous-mêmes pour défaut de compétences avérées.

Ayant déjà bénéficié de stage pratique de plus d’une année, vous devriez avoir les reins suffisamment solides pour vous trouver une place au soleil comme d’autres l’ont fait avec les concours d’entrée à la fonction publique ou par la création de leurs propres entreprises. Ceux-ci méritent l’assistance et le soutien de l’Etat qui n’a vraiment pas besoin de fardeaux inutiles comme vous sur son dos.

Pour terminer avec cette première partie de ma réplique – car je compte revenir sur d’autres aspects de votre chantage – je vous assure que s’il y a quelque chose dernière ma plume comme vous le supposez, c’est bien ma foi de journaliste professionnel et patriote.

Ce dernier mot n’est pas malheureusement la chose la mieux partagée au Mali. Sinon votre président Abidina Karembé n’aurait pas refusé d’aller servir à Kidal ou à Gao.
A bon entendeur salut.


Alassane DIARRA

18 Novembre 2008