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Depuis 2012, le Mali est confronté à de nombreuses crises à savoir sécuritaire, socio-politique, … Aujourd’hui au Mali, la diffusion des fake-news prennent de l’ampleur. Tout le monde donne l’information et certains journalistes s’adonnent à des pratiques malsaines. Ce qui empêche le développement escompté. Lassina Niangaly, journaliste, formateur en fact-checking, nous donne d’amples informations sur ledit sujet.

Qu’est-ce que c’est qu’un « fake-news » et comment se manifeste-t-il ?

Lassina Niangaly : Un fake-news, c’est une fausse information. C’est-à-dire une information non vérifiée qui n’a pas de source. Généralement, elle se manifeste sous plusieurs formes. Ça peut être une photo, une vidéo sortie de son contexte, truquée. Ça peut être des messages vocaux ou aussi des informations diffusées par ailleurs par des médias professionnels.

Quel est l’impact des « fake-news » sur la bonne marche d’un pays en général et celui du Mali en particulier ?

L.N : L’impact des fake-news est assez conséquent surtout dans les pays en crise. D’abord, les fausses informations peuvent cultiver la haine, créer des conflits intercommunautaires ou intra-communautaires. Elles peuvent porter atteinte à l’honneur, à la dignité d’une personne. Les fake-news peuvent également créer l’instabilité dans un pays : renverser le pouvoir. Ça peut impacter les résultats d’une élection législative ou communale ou même présidentielle. Donc, les fausses informations ont beaucoup de conséquences. Dans un pays en crise comme le Mali, on n’a pas besoin de ça.

Pour combattre ce fléau au Mali, selon vous quelles sont les pistes de solutions ?

L.N : Les pistes de solutions, c’est d’abord que les médias professionnels soient plus responsables et assidus dans la vérification de l’information. Il faut que l’Etat prenne des dispositions pour contrôler les médias sociaux parce que les journalismes n’ont plus le monopole du traitement et de la diffusion de l’information. Raison pour laquelle, on a beaucoup de fausses informations qui circulent soit par Whatsapp ou sur Facebook par des personnes qui ne sont pas habilitées à donner de l’information. Il faut des lois, des mesures pour contrôler un peu. Le conseil que je peux donner aux consommateurs de ces informations sur les réseaux sociaux (fake- news), c’est d’abord la vigilance. Quand vous voyez une information, la première question que vous devez vous poser, c’est qui donne l’information et quelles sont les sources ? Même si c’est un journaliste, s’il ne cite pas ses sources, l’information n’est pas fiable. Il faut se référer toujours aux sources. Dans une situation de conflit et d’instabilité politique, toutes les informations que nous recevons, nous devons prendre le temps nécessaire pour vérifier et revérifier avant de diffuser l’information. Ce que je conseille aux journalistes, c’est beaucoup plus de rigueur dans la collecte et le traitement des informations. Ce qui nous met dans l’erreur, c’est la précipitation, la recherche de l’exclusivité (le scope). Alors qu’aujourd’hui, cet aspect n’est plus intéressant. Actuellement, on a plus besoin d’informations crédibles que d’être le premier à diffuser une information, ça peut créer des situations irréparables après parce que l’information est fausse.

Jacques Coulibaly

@Afribone