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«L’Assemblée nationale condamne sans réserve les attaques perpétrées contre les Forces Armées et de Sécurité à Tinzaouatène, Aguel’hoc, Ansongo, Diabali, Dogofri et singulièrement celle plus meurtrière d’Abéïbara contre la caserne militaire».


Elle «réaffirme son soutien à nos forces armées et de sécurité et exprime toute sa solidarité avec les hommes qui, sur le terrain, assurent la défense de notre pays». En fin elle «adresse à ces dignes fils toute sa reconnaissance pour leur comportement républicain avec, comme souci permanent la préservation de l’unité nationale et de la cohésion sociale».

Tels sont quelques points forts de la résolution adoptée par l’Assemblée nationale, à l’issue de son huis clos sur la situation dans la région de Kidal, tenu le jeudi 19 juin, dans la salle Modibo Kéïta de l’Hémicycle.

C’était en présence de trois ministres interpellés, Kafougouna Koné de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, Sadio Gassama de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, Natié Pléah de la Défense et des Anciens Combattants et de Mme Diabaté Fatoumata Guindo des Relations avec les Institutions, Porte-Parole du Gouvernement.

Cette résolution a été adoptée après six heures d’intenses débats – de 11heures à 19 heures – au cours desquels les trois premiers ministres cités ont répondu aux préoccupations des députés.

En effet, les députés s’étaient profondément préoccupés par l’ampleur et la dimension que prennent les évènements tragiques et douloureux au Nord-Est de Kidal. Tandis qu’ils estiment que le Pacte National constitue le cadre de référence pour la paix et le développement socio-économique dans les régions Nord du Mali.

De plus, ils considèrent que l’Accord d’Alger, signé le 4 juillet 2006 est un acte de souveraineté accepté par notre pays afin de ramener la paix et la sécurité dans les régions nord du Mali. De même, ils apprécient les efforts de l’Armée pour assurer la défense du territoire national, la sécurité des citoyens et la protection de leurs biens sur l’ensemble dudit territoire.

Ce n’est pas tout. Les députés condamnent la prise d’otages, les embuscades permanentes contre des convois de ravitaillement, actes posés par des bandits armés avec à leur tête Ibrahim Ag Bahanga. Ils saluent également les efforts déployés par le président de la République, le gouvernement et toutes les bonnes volontés pour un retour rapide de la paix.

Les honorables se disent conscients de la complexité des problèmes du Nord-Mali et de la nécessité d’œuvrer à leur normalisation progressive par le dialogue fraternel et par les autres ressorts de la culture millénaire de la nation malienne.

C’est pourquoi, dans la résolution adoptée, les élus de la nation s’inclinent pieusement devant la mémoire de toutes les victimes de ces événements douloureux et expriment toute leur solidarité aux familles éplorées.

Ils manifestent leur solidarité avec les populations de la région de Kidal auxquelles la «bande à Ibrahim Ag Bahanga impose des souffrances dans le seul but de la défense de ses intérêts personnels et rappellent que dans le Mali démocratique et pluraliste d’aujourd’hui rien ne pourrait et ne saurait justifier le recours aux armes comme moyens d’expression».

En outre, l’Assemblée nationale félicite le président de la République et le gouvernement pour tous les efforts qu’ils déploient inlassablement afin de ramener la paix et la sécurité dans le Nord de notre pays.

Elle apporte son soutien à ATT pour sa volonté à privilégier le dialogue et la concertation dans la résolution de ce conflit, mais aussi pour sa fermeté clairement exprimée le 8 juin 2008. L’Assemblée nationale demande également au peuple d’apporter sa solidarité et son soutien aux institutions de la République afin de relever le défi de la paix et de la cohésion nationale.

Nos honorables élus «appellent Ibrahim Ag Bahanga et sa bande à libérer, sans conditions, tous les otages qu’ils détiennent, à déposer les armes et à inscrire toutes leurs actions dans la mise en œuvre de l’Accord d’Alger, invitent le gouvernement de notre pays à poursuivre, sans relâche, la mise en œuvre de l’Accord d’Alger pour le retour rapide de la paix dans notre pays».

Ils remercient vivement le gouvernement algérien pour son rôle de médiateur dans ce douloureux conflit et salue toutes les initiatives d’apaisement de la Libye qui «s’efforce de créer un environnement favorable au dialogue entre les deux parties».

L’Assemblée nationale félicite, enfin, le chef de l’Etat pour son initiative d’organiser à Bamako une conférence des pays riverains de la bande sahélo – saharienne sur les problèmes de sécurité dans cette zone. Il faut relever que l’Assemblée nationale a rejoint le gouvernement dans son glissement sémantique, en qualifiant la bande à Bahanga de bandits armés comme L’Indépendant l’a toujours écrit et soutenu.


Chahana TAKIOU

23 Juin 2008