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La mort des sept moines de Tibéhirine, qui seront béatifiés samedi à Oran avec douze autres religieux catholiques tués durant la guerre civile des années 1990 en Algérie, reste entourée de zones d’ombre, 20 ans après l’assassinat. Leur destin tragique avait inspiré le film du Français Xavier Beauvois, « Des hommes et des dieux » (2010), Grand Prix du Festival de Cannes. – L’assassinat – Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, sept frères de l’ordre cistercien de la Stricte Observance sont enlevés par une vingtaine d’hommes armés dans leur monastère de Notre-Dame de l’Atlas à Tibéhirine, dans le fief intégriste de Médéa, au sud-ouest d’Alger. Les soupçons se dirigent vers le Groupe islamique armé (GIA) dans un pays en pleine guerre civile. Une première revendication tombe le 26 avril via un communiqué. Le chef du GIA Djamel Zitouni propose aux autorités françaises d’échanger les moines contre des membres de cette organisation islamiste faits prisonniers. Mais, le 23 mai, le GIA annonce « avoir tranché la gorge » des otages deux jours auparavant, expliquant ce massacre par le refus de Paris de négocier. Les têtes des moines trappistes sont retrouvées par l’armée algérienne le 30 mai sur une route près de Médéa, mais pas les corps. – Interrogations – La thèse officielle algérienne d’un crime islamiste va être remise en cause par des témoignages mettant au jour d’autres versions: bavure de l’armée algérienne ou manipulation des services secrets algériens pour discréditer les islamistes. En juillet 2002, un ancien militaire algérien, Abderrahmane Chouchane, déclare que Djamel Zitouni était en même temps le chef du GIA et un agent des services secrets algériens. Puis, un ex-cadre des services algériens de renseignement…AFP