Partager

Dans le cadre de l’application de l’accord préliminaire de Ouagadougou, les premiers militaires maliens sont arrivés à Kidal. Ils seront rejoints dans les jours à venir par l’administration pour préparer la présidentielle du 28 juillet.

L’armée malienne a fait son retour vendredi à Kidal. C’est un contingent de près de deux cent hommes commandé par le colonel Mamary Camara, Commandant de la région militaire qui a fait son entrée dans la ville. Si tout le voyage s’est déroulé sans difficultés majeures depuis leur départ d’Anefis, ce ne fut pas hélas le cas à l’entrée de la ville où des combattants du MNLA tenaient le check-point qui mène directement à l’intérieur de la ville.

Le colonel Mamary Camara et les soldats de la force Serval qui l’accompagnaient étaient obligés de négocier le passage. Les discussions ont duré assez longtemps sans que les combattants touaregs daignent lever le siège. Certains soldats étaient sur le point de rebrousser chemin quand l’instruction leur a été donnée de forcer le barrage. Finalement, c’est ce qui fut fait sans le moindre coup de feu de part et d’autre. L’entrée du détachement malien qui était prévue pour 13 heures n’a pu avoir lieu qu’entre 16h30 et 17 heures.

Le passage du convoi militaire dans la ville a été accueilli avec joie par une foule immense qui brandissait le drapeau malien pour réaffirmer son attachement à la république et à l’intégrité nationale. A l’opposé, un autre groupe de personnes acquis aux indépendantistes tenait à marquer sa différence en s’affichant aux côtés des combattants du MNLA et en scandant « L’Azawad ».

Les soldats maliens se sont dirigés directement au camp I. Des instructions leur ont été données par les officiers français de ne pas sortir du camp afin d’éviter le moindre accrochage. Parce que contrairement à l’accord de Ouagadougou tous les combattants n’ont pas encore été désarmés. Toutefois, si certains ont accepté d’être cantonnés dans le camp de la gendarmerie ou au camp de la jeunesse, d’autres sont laissés à eux-mêmes et se promènent dans la ville avec leurs armes.

Samedi matin des manifestants se sont réunis en face du camp I pour désapprouver la présence de l’armée malienne. Les militaires français ont été obligés de tirer en l’air pour les disperser.

En attendant, les militaires maliens continuent à faire profil bas pour éviter le moindre incident. Ils ne se sont pas encore déployés dans la ville et seront rejoints par d’autres renforts dans les jours à venir, nous a-t-on dit.

ABDOULAYE DIARRA

08 Juillet 2013