Partager

La reconquête de Kidal par l’armée malienne a véritablement commencé hier matin. Les affrontements ont été confirmés par tous les protagonistes. Cette évolution de la situation change complètement la donne, au risque de mettre en péril le processus de négociation.

Hier mercredi, vers 5h30 du matin, l’armée malienne a attaqué les positions des indépendantistes du Mnla à Anefis, située à une centaine de kilomètres de Kidal. Confuses et exaspérées, les autorités de Bamako ont décidé de régler la situation par la guerre. Le Mnla, qui occupe Kidal depuis le départ des islamistes armés chassés fin janvier par l’intervention militaire française au Mali, refusait, pour des raisons fantaisistes, la présence de l’armée et de l’administration maliennes dans cette ville, compromettant la tenue dans tout le pays du premier tour de l’élection présidentielle prévue pour le 28 juillet prochain.

L’expulsion, le week-end dernier vers Gao par ce mouvement rebelle de dizaines de membres des communautés noires présentes à Kidal, est un autre facteur qui a provoqué la colère de Bamako, qui a dénoncé une « épuration raciale ». A ce sujet, le Mnla a démenti toute chasse aux Noirs, en prétextant rechercher des éléments infiltrés envoyés par les autorités de Bamako à Kidal. Selon le Mnla, plusieurs dizaines de personnes, dont un officier malien, ont été arrêtées par ses hommes à Kidal.

Cette reconquête engagée de Kidal risque de compromettre les négociations qui se déroulent à Ouagadougou en vue de trouver un accord entre la rébellion dite touareg et Bamako pour l’organisation de la présidentielle à Kidal. La France a appelé les groupes armés du nord à déposer les armes, réaffirme son soutien aux efforts des autorités maliennes pour réinstaller leur administration au nord du pays.

Rokia DIABATE

Le Prétoire du 06 Juin 2013