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Bangui (AFP) – Devant des dizaines de témoins, des militaires centrafricains ont lynché à mort mercredi un homme suspecté d’être un rebelle, à l’issue d’une cérémonie officielle où la présidente Catherine Samba Panza avait célébré la renaissance d’une armée nationale. Le meurtre, à coups de pied, de pierre et de couteau, de cet homme s’est déroulé dans l’enceinte de l’Ecole nationale de la magistrature où venait de s’achever la cérémonie à laquelle assistaient les plus hautes autorités de la transition, de la force française Sangaris et de la Mission de l’Union africaine en Centrafrique (Misca), en présence de quelque 4.000 soldats centrafricains. Quelques minutes après le départ des officiels, notamment de la présidente Catherine Samba Panza, des éléments des FACA s’en sont pris à un jeune homme en civil, l’accusant d’être un ex-rebelle, le frappant à mort avant de le déshabiller, de le trainer sur la rue et de s’acharner sur son cadavre. « C’est un Séléka », « il est infiltré! », hurlaient des soldats, dont beaucoup en uniforme, plantant leur couteau dans le cadavre, arrachant des lambeaux de chair, tandis que leurs collègues prenaient la scène en photo avec leur téléphone portable.