Partager


Le 22 septembre 2007, le Mali célébrera le 47ème anniversaire de son accession à l’indépendance. La commémoration de cet anniversaire de cette année intervient dans un contexte national particulier. Puisque l’armée est appelée à mettre fin à ce qu’il convient de qualifier “la provocation des terroristes à Tin-zawaten”. Et nos braves militaires ont sans nul doute le moral au beau fixe pour relever le défi.

Des faits qui rompent avec le passé

Depuis le début de cette crise au nord-Mali, des compatriotes ne cessent de manifester leur impatience de voir l’armée en finir une fois pour toute avec la provocation de Bahanga et protecteurs. C’est dire que le peuple est sidéré par l’attitude de ces bandits armés qui jettent le discrédit sur leur communauté. Puisque le reste de la population de la zone se désolidarise des attaques de ces bandits.

Mais ce que certains de nos compatriotes ne savent pas, c’est que la crise au Nord a deux particularités faisant que sa gestion obéit à des préalables. D’abord, chaque régime a eu sa crise, mais les solutions ne se ressemblent pas. Au fur et à mesure que l’on évolue, la situation se complique. En effet, le contexte sous Modibo Keïta était plus facile à gérer que sous la deuxième République. Moussa Traoré n’a pas eu les mêmes faveurs qu’Alpha Oumar Konaré.

A son tour, ATT doit se plaindre par rapports à ses prédéceseurs qui ont bénéficié d’une certaine liberté dans leurs actions. Pour preuve, les observateurs soutiennent que dans l’histoire de la crise au Nord-Mali, c’est la première fois qu’on parle de pose de mines anti-personnelles. Qui sait si demain on ne parlerera pas de kamikazes?

La seconde particularité c’est que d’habitude, dans la rebellion, on assiste à des attaques des positions de l’armée ou à des enlèvements. C’est la première fois qu’un groupe se lève et décide de prendre une zone où est implantée l’armée et demande le départ des militaires. Bahanga veut faire de Tin-Zawaren sa zone à lui, foulant ainsi au pied l’inviolabilité de l’intégrité du territoire national.

En tant que Chef suprême des Armées, le Président de la République, Amadou Toumani Touré est sensible au cri de coeur de ses compatriotes face à cette nouvelle donne dans le septentrion. Seulement, il fait comprendre à son peuple que pour lui “le métier d’un guerrier est de faire la guerre, celui du militaire est de faire la paix”.

C’était le 03 octobre 2006 lors de la cérémonie de remise de véhicules à nos éléments. Pour le Chef de l’Etat, l’armée malienne est désormais engagée sur la voie du développement, et le seul combat qui vaille la peine d’être mené est bien celui contre la pauvreté et le sous-développement.

Aussi, le chef d’Etat-Major Général des Armées, le Général Seydou Traoré, lors de son dicours à l’occasion de la cérémonie de présentation des voeux pour 2007, au Président de la République, chef suprême des Armées a rapelé cette nouvelle orientation lorqu’il déclare: “Les forces armées et de sécurité qui ont contribué à la paix sur le continent africain et sur d’autres continents ne sauraient la détruire chez elles-mêmes ici au Mali. Par ma voix, elles disent non à la guerre avec son cortège de malheur”.

C’est dire que la sauvegarde de la paix et de la sécurité implique le développement constant des capacités de maintien de la paix et d’assistance humanitaire des forces armées et de sécurité. Dans ce cas, nos éléments continuent et continueront de participer à des missions partout où la paix et la sécurité sont menacées.

Mais sur le plan interne, des nouvelles missions sont assignées à l’armée.Et les autorités ne ménagent aucun effort pour mettre nos forces dans les conditions, notamment par l’adaptation constante de l’outil de défense aux besoins de sécurité, étant donné que l’insécurité est multiforme. Autrement dit, la lutte contre l’insécurité urbaine, inter-urbaine et le banditisme transfrontalier, l’infiltration des armes sur le territoire doivent être menées sans relâche. Sait-on jamais?

Tin-Zawaten : un beau cadeau d’anniversaire

En tout état de cause, si le régime ATT privilégie l’alternative d’une solution négociée à la crise, cela est loin d’être un aveu de faiblesse.Seulement, il cherche à faire la part des choses en se mettant à l’évidence que les actes posés sont vraiment contraires aux principes sur lesquels est fondée la République du Mali mais aussi constituent une violation flagrante de la légalité internationale.

Or, face à ces violations, nos forces armées et de sécurité ne failliront jamais à leur devoir et veilleront jalousement sur la défense et la préservation de l’intégrité du territoire national. Un message clair destiné à ceux qui viennent de rompre la fragilité de la paix et la sécurité dans la septentrion. Comme pour dire que si les plus hautes autorités ont privilégié jusqu’ici la solution négociée à ce problème, c’est qu’elles avaient également la conviction d’apporter la preuve du discernement et de maturité de nos forces pour le respect des valeurs républicaines.

Sinon, les événements douloureux qu’a connus notre pays n’ont pu jusqu’ici ébranlé la détermination de nos hommes en uniforme à préserver la paix et l’unité nationale.C’est pourquoi, du côté du pouvoir, le message est clair : “Il n’est pas question pour le Gouvernement de ne céder ni au chantage, ni un centimètre du territoire malien…”. Et nos éléments restent fidèles à leur serment envers le peuple et la nation : l’expression des missions de préservation de l’intégrité du territoire national, de défense du territoire, de sûreté publique…

Pour mener à bien ces missions, il faut une franche et étroite collaboration entre les forces armées et de sécurité et les populations civiles face à l’ennemi. Les Maliens doivent faire confiance en leur armée, parce qu’elle est là pour le peuple.

L’opinion internationale doit comprendre que le Mali est victime d’un complot puisque ce qui se passe au nord n’a aucune ressemblance avec les précédentes crises depuis Modibo Kéita à ATT en passant par Moussa Traoré et Alpha Oumar Konaré. C’est pourquoi, le ministère de la Défense et des Anciens Combattants, Mamadou Klazié Cissouma pense que ces actes qui se manifestent par des poses de mines, d’attaques de convois militaires et de prises d’otages, “méritent d’être condamnés par la communauté internationale et leurs auteurs combattus avec la dernière rigueur et détermination”.

Le cri de coeur du ministre s’explique par le fait que les actes des bandits violent le traité d’Ottowa sur les mines anti-personnelles. Et les troupes sur le terrain ont en certainement conscience elles qui ont le moral au beau fixe après le largage des tonnes de vivres par les militaires américains.

Nos éléments sont sûrs que si guerre il y avait, ils le feront au nom du peuple et contre des bandits étant donné que le Mali a un problème avec ses touaregs ou autres ethnies dans la zone de Tin-Zawaten. Car l’armée sait que l’accession de notre pays à la souveraineté internationale et nationale est une réalité et elle sera prête à donner au peuple un meilleur cadeau d’anniversaire à son peuple, s’il le fallait.

Oumar SIDIBE

19 septembre 2007.