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Dans son allocution, le président de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture du Mali M. Sékou Oumar Tall indiquera que cette assemblée est l’aboutissement de la volonté des producteurs de coton Africain de se mettre ensemble pour défendre leurs intérêts communs. Il a rassuré du soutien du réseau des chambres d’agriculture de l’Afrique de l’Ouest dont il est membre, tout en sollicitant l’appui de l’UEMOA, de la CEDEAO et de l’OMC.

Pour lui, de nombreuses opportunités s’offrent aux filières cotonnières africaines notamment la multiplication des sociétés cotonnières, la responsabilisation des producteurs face aux nouveaux défis, la participation des producteurs au capital des sociétés cotonnières. Il a énuméré les défis qui sont entre autres, la baisse des recettes d’exportation des pays africains sur les produits agricoles, l’érosion du pouvoir d’achat des producteurs de coton africain due aux subventions, la faible capacité de négociation des gouvernements africains et de leurs organisations de producteurs.

Le président de l’APCAM pense bien que l’APROCA doit lutter afin de réduire le niveau de la subvention accordée aux producteurs européens et américains et sa suppression à court terme, soutenir et accroître l’investissement dans les domaines de la production et de la transformation du coton dans les pays africains. Il a tenu à saluer le président de la République, les partenaires que sont Oxfam, Enda Tiers Monde et ICCO. Bakary Togola, président du Groupement des Syndicats Cotonniers et Vivriers du Mali (GSCVM) dira que l’APROCA est un outil pour consolider la synergie des producteurs du coton des six régions de l’Afrique.

Pour lui, les 16 millions de l’Afrique de l’Ouest ont entrepris depuis le Sommet de Cancun des démarches pour réunir les forces afin de lutter contre les handicaps qui bloquent l’épanouissement des producteurs.

Le PDG de la CMDT s’est félicité de la tenue de cette assemblée au Mali et cela pour deux raisons. La rencontre permettra de nouer des relations entre producteurs de coton qui sont les mieux placés pour en parler, a-t-il dit. En plus en tant que membres de l’Association Cotonnière Africaine (ACA), ils sont plus aptes à défendre leur produit.

Pour lui, il existe des facteurs exogènes et endogènes qu’il convient de combattre, et, le défi de la productivité et de la qualité constitue un facteur à ne pas négliger. Le président de l’APROCA, François Traoré (du Burkina Faso) indiquera que l’Afrique s’est toujours habillée en coton et que ne pas défendre le coton serait une trahison de la mémoire des ancêtres.

Il a souligné que le coton fait rentrer 120 à 140 milliards de FCFA au Mali par an et que cet argent permet de résoudre beaucoup de problèmes socio-économiques. Le ministre de l’Agriculture S.E Seydou Traoré indiquera que la production du coton participe pour beaucoup à la lutte contre la pauvreté.

Depuis dix ans le cours du coton baisse compromettant ainsi l’avenir du coton africain. Il a rappelé l’importance que revêt le coton de nos jours, ce qui lui a valu d’être une des questions les plus importantes à la 9è session de l’Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-UE qui a vu l’Europe baisser les subventions à ce produit de 65%.

Dans un contexte de mondialisation, il s’agit de s’unir pour défendre un intérêt commun, a-t-il dit. D’où le report de la privatisation de la CMDT à 2008. Il a rassuré ainsi du soutien du gouvernement à l’APROCA.

Salifou BANGALI

29 avril 2005