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A la veille des fêtes notamment celle du ramadan, plusieurs sont les jeunes qui s’adonnent au métier du boucher ou « misi bosolaw » en Bambara.  A défaut de ne pas maîtriser les technique de dépecer leurs animaux, mieux les cheminer vers un abattoir professionnel, les Bamakois préfèrent faire recours aux bouchers. Ce métier a été une source de gagne-pain pour les jeunes durant cette fête. 

Ils sont souvent en petit groupe avec leurs machettes vadrouillant dans les rues à la recherche des animaux destinés à être abattus pour la fête. Soudain, le quartier devient rougeâtre tel l’abattoir de Bamako. 

Le prix de ce travail effectué par ces jeunes est connu, parfois négocié, mais inutile de discuter le prix vu la quantité d’animaux à dépiécer. « Nuant la fête, nous dépiéçons les boeufs à 10. 000 F CFA l’unité. C’est à négocier, mais vu le nombre des animaux que nous recevons, c’est difficile de nous convaincre. Soit on nous donne la somme exigée, soit nous allons voir ailleurs. Il n’ y a pas de petit bœuf ou gros bœuf. Un bœuf est un bœuf. C’est la fête, autant en profiter » tels sont les propos de Moustapha Kounta, leader d’un groupe de bouchers. 

Ce métier a aidé beaucoup de pères de famille à prendre en charge les dépenses de leurs familles. Ils se réjouissent de leurs revenus. « Chaque année, je fais ce métier avec mes petits du quartier. 03 jours avant la fête, nous pouvons comptabiliser 150 000 F CFA. Après le partage de la somme encaissée, je rembourse la dette de mon mouton de  la fête. Je n’ai pas les moyens pour m’acheter un bœuf comme les autres » dit Kerfa Konaté, un père de famille évoluant dans le domaine. 

De leur côté, les Clients se disent contents de la qualité du service fourni par ces jeunes. Ils ajoutent que cela permettrait d’alléger les charges des familles de ces derniers et de sauver plusieurs autres familles qui n’ont pas de bras valides pour dépiécer leurs animaux. « Ces jeunes aident plusieurs types de familles. D’abord, celles qui n’ont pas de personnes compétentes pour dépiécer leur bœuf , ensuite les familles riches qui ne veulent pas se salir, celles qui ne peuvent pas aller à l’abattoir et enfin, les familles essentiellement composées des femmes dans lesquelles le chef de famille est peut être en mission. Les jeunes qui font ce métier n’ rien à envier à quelqu’un et ont la maîtrise de leur profession » dixit Sidi Coulibaly, un client satisfait. 

En attendant la fête de la Tabaski pour encore se frotter les mains, les bouchers font le come back à leur profession habituelle le sourire aux lèvres.

Adama Sanogo

@Afribone