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Depuis l’occupation de la ville de Gao par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), la loi islamique est la chose la mieux distribuée, de force, bien entendu. Les coups de fouet sont devenus une chose banale, selon un professeur d’enseignement dans la cité des Askia. L’heure est maintenant à ‘’couper les mains’’, à des présumés voleurs.

Après avoir annoncé dans un communiqué diffusé à la radio ‘’ADAR Koïma’’, le report de la séance publique pour l’exécution des sentences prononcées par le tribunal islamique, les responsables du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) de Gao, sont revenus, ce samedi sur ledit communiqué. Ils ont décidé d’appliquer exceptionnellement la charia à un voleur jugé récidiviste et de surcroit une recrue de Mujao. Il aurait volé des armes appartenant à des membres du Mujao. Sa main sera coupée demain dimanche matin à 8 h, avait annoncé le responsable du Mujao, selon un responsable du ‘’Collectif Cri de cœur’’ contacté à Bamako, le samedi soir. Le responsable à Gao de ce Collectif humanitaire, contacté, a confirmé qu’un responsable du Mujao à Gao, Abdoul Hakim est passé à la radio ‘’ADAR Koïma’’ (joie de la colline) pour annoncer l’évènement et inviter la population sur la place publique, dimanche à 8 h, où la main d’un voleur sera coupée.

Selon notre interlocuteur du Collectif Cri de cœur à Gao, le responsable du Mujao a déclaré qu’il « est interdit de filmer » la cérémonie au cours de laquelle la main dudit voleur sera coupée. Mais le projet du Mujao était sans compter sur la détermination des jeunes de la cité des Askia qui se sont opposés à l’exécution de la sentence en sortant en grand nombre, pour occuper la place publique en chantant l’hymne national du Mali. Les islamistes se sont retirés et ont renoncé momentanément à l’exécution de la sentence. Des leaders religieux de la localité ont entrepris des médiations auprès des membres du Mujao pour leur demander un assouplissement de la charia.

A Bourem, le Mujao a pillé le centre d’accueil « Annour » qui servait de lieu de distraction pour les jeunes, et qui appartient à des associations de femmes. Les responsables de Mujao menacent de démolir ce centre contenant restaurant, boutique et maison de passage, qui a été construit en partenariat avec l’USAID et l’Union européenne.
Dimanche 29 juillet, à Aguel Hoc, un couple de maliens a été tué par lapidation, pour avoir eu des enfants hors mariage, au moment où leur dernier enfant avait six mois.

B. Daou

Le Républicain du 6 Août 2012