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Après trois jours de travaux, les 17,18 et 19 novembre 2008, le forum ministériel mondial de Bamako a pris fin le mercredi dernier. La cérémonie de clôture présidée par le chef du gouvernement M. Modibo Sidibé s’est déroulée au Centre International de Conférences de Bamako.

Ce forum co-organisé par la Banque Mondiale, l’OMS, l’UNESCO, Global Forum For Health Research, le Conseil de la Recherche en santé pour le développement et le gouvernement du Mali a enregistré la participation d’un millier personnes composées par des ministres de la santé, de l’éducation, de la recherche scientifique, de la technologie, des représentants de la société civile, du secteur privé, des chercheurs, des universitaires des scientifiques.

L’appel à l’action de Bamako

Ce forum avait pour objectif d’évaluer les réalisations en matière de recherche en santé, de faire le point de la situation et de définir les mesures à prendre pour relever les défis futurs.

C’est pourquoi le forum a été sanctionné par un appel à l’action de Bamako sur la Recherche pour la santé à l’endroit des gouvernements nationaux, des institutions concernées au niveau régional, de tous les partenaires et parties concernées, des bailleurs de fonds de la recherche et de l’innovation, des agences de développement internationales, des agences multilatérales et des Etats Membres.

A la cérémonie de clôture, le ministre de la Santé de la Namibie a adressé une motion de remerciement au président de la République, au gouvernement et au peuple malien au nom de tous les ministres et autres participants. Avant les différentes interventions, notre ministre de la Santé M. Oumar Ibrahima Touré a fait la lecture de l’appel à l’action de Bamako.


Le directeur de l’OMS

Quant au directeur général de l’OMS pour l’Afrique Dr. Luis Gomez Sambo, il a exprimé sa satisfaction. Selon lui, pendant les trois jours, il a été démontré que la recherche joue un rôle important. Pour lui, cependant il faut des actions pour donner à la recherche toute sa place. Il a par ailleurs souligné que l’appel à l’action de Bamako est le résultat de la réunion qui était tant attendue.

Avant de souhaiter que cet appel soit entendu et approuvé par tous. Tout en rassurant de l’appui de l’OMS par rapport à la mise en oeuvre de l’appel. Pour terminer, il a félicité l’ensemble des partenaires et remercié le gouvernement du Mali pour la qualité de l’accueil.


Le représentant de l’UNESCO

A en croire Dr. Julia Hasler, spécialiste des programmes secteur sciences naturelles à l’UNESCO, la mise en oeuvre de l’appel à l’action sera renforcée par les organisations. Dr. Ok Pannenborg, conseiller principal en santé, nutrition et population s’est dit très satisfait des résultats. Avant de demander à tous les participants d’être des ambassadeurs dans leur pays respectifs pour la mise en oeuvre de l’appel à l’action de Bamako.

Il a précisé qu’il ne suffit pas de vouloir mais de passer à l’action. Quant au Pr Stephen Matlin, directeur exécutif du Global Forum For Health Research, il a remercié le gouvernement et le peuple malien, les agences partenaires et son équipe qui n’a ménagé aucun effort pour l’organisation de ce forum.


Le directeur du conseil de recherche en santé

Selon le directeur du Conseil de la Recherche en Santé pour le Développement (COHRED), ce forum était un cadre pour le changement de vision. Dans son intervention, il a surtout remercié le gouvernement du Mali et les partenaires.

Après les différentes interventions des partenaires, la ministre de la Santé de Cuba, pays qui s’apprête à abriter le forum en 2009 a fait une brève présentation de son pays et des actions menées en faveur de la santé dans le monde.

Les mots du Premier Ministre

Avant de donner rendez-vous pour 2009 à Cuba, le chef du gouvernement du Mali, M. Modibo Sidibé, dans son discours de clôture, a souligné que les conclusions et recommandations du forum ont permis d’améliorer l’appel à l’action de Bamako.

Pour lui, cet appel à l’action permettra de faire avancer notre cause commune pour le développement de la recherche pour la santé. Ainsi, selon lui, ce forum sera un tournant important dans notre quête du développement de la recherche pour la santé, du développement et de l’équité.

L’appel à l’action de Bamako: La recherche pour la santé

Nous, Ministres et représentants des ministères chargés de la Santé, des Sciences et Technologie, de l’Enseignement supérieur, des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale de 75 pays. Suite aux consultations régionales sur la recherche pour la santé tenues à Téhéran, Rio, Copenhague, Bangkok et Alger. Réunis à Bamako du 17 au 19 novembre 2008 sous les auspices du Gouvernement du Mali.


Reconnaissons que

1. Nous devons continuer à soutenir, et à bâtir sur, les progrès réalisés depuis le Sommet ministériel de Mexico sur la recherche en santé en 2004 ;

2. La recherche et l’innovation ont été et vont être de plus en plus essentielles pour trouver des solutions aux problèmes de santé, pour aborder les menaces prévisibles et imprévisibles à la sécurité humaine, pour réduire la pauvreté et accélérer le développement ;
3. L’agenda mondial de la recherche pour la santé doit être élaboré en accord avec les priorités et les agendas nationaux et régionaux avec une attention particulière pour le genre et l’équité ;

4. Une plus grande équité dans la recherche pour la santé est nécessaire : seule une faible proportion des dépenses mondiales pour la recherche est consacrée aux défis en santé affectant de manière disproportionnée les pauvres, les marginalisés et désavantagés ;

5. La nature de la recherche et de l’innovation pour l’amélioration de la santé, spécialement dans le contexte des Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations Unies, n’est pas suffisamment interdisciplinaire et intersectorielle ; et qu’il est nécessaire de mobiliser tous les acteurs concernés (publics, privés et société civile) pour travailler ensemble par l’intermédiaire de partenariats effectifs et équitables pour trouver les solutions nécessaires ;

6. Il y a souvent une absence d’alignement des bailleurs de fonds, des gouvernements et des autres organisations dans le domaine de la recherche pour la santé ;

7. Un engagement national solide dans l’éducation de la science à tous les niveaux du système éducatif est essentiel pour assurer le succès de la recherche pour la santé et l’avancement des sociétés ;

8. Le financement de la recherche pour la santé, spécialement dans les pays à revenu faible et intermédiaire est difficile à assurer, mais il existe des retombées sociales considérables en rapport avec ces investissements. Ceci est particulièrement vrai en période de crise économique : c’est maintenant le temps d’investir dans la recherche pour la santé ;

9. Il a des efforts internationaux continus dans le domaine de la santé publique, de l’innovation et de la propriété intellectuelle.


Guidés par les principes du leadership, de l’engagement et de la responsabilité, appelons à l’action par les gouvernements nationaux

1. Pour donner la priorité au développement des politiques de recherche et d’innovation pour la santé, en particulier relatifs aux soins de santé primaires, de manière à avoir la propriété et le contrôle de leur recherche liés aux agendas en santé ;

2. Pour allouer au moins 2% des budgets des Ministères de la Santé à la recherche ;

3. Pour améliorer la capacité au niveau des institutions et à travers les systèmes pour la mise en œuvre des politiques de recherche, notamment en identifiant les priorités nationales de recherche, en répondant à temps aux menaces imprévisibles à la santé, créer un environnement favorable au développement d’une culture solide de recherche ; en assurant le transfert de technologie, en améliorant l’éducation et la formation des chercheurs, en intégrant la recherche pour la santé dans les systèmes de santé, en traduisant la recherche en action, et en évaluant l’impact de la recherche pour la santé ;

4. Pour élaborer, définir et appliquer les normes, les règlements et les meilleures pratiques afin que les processus de la recherche soient responsables, équitables et transparents, y compris ceux concernant l’examen et les comportements éthiques, le développement et la fabrication de produits, la qualité et la sûreté des soins pour les patients, l’enregistrement des essais cliniques et le libre et équitable accès à l’information, aux données et aux outils de la recherche ;

5. Pour promouvoir la traduction des connaissances et l’échange par une application effective et sûre des interventions, par des politiques s’appuyant sur des bases factuelles, par une recherche s’appuyant sur les politiques et par la publication et la dissémination effective des résultats de recherche, y compris auprès du public et en prenant en considération la barrière des langues et les avancements dans les technologies de l’information ;

6. Pour mettre en place des mécanismes et des outils permettant une recherche en collaboration effective, intersectorielle, interministérielle et transfrontalière et une coordination effective pour faire face aux défis complexes en santé ;

7. Pour renforcer la collecte, le stockage et le partage efficace d’informations et de données fiables en santé selon les normes internationales, pour assurer l’utilisation de la base de connaissances actuelles dans les sciences sociales et développer les compétences pour analyser les données au niveau local et leur utilisation dans l’élaboration des politiques, la planification, le suivi et l’évaluation ;

8. Pour renforcer la capacité de recherche et la masse critique de jeunes chercheurs en développant et en incluant des programmes d’étude sur les méthodes de recherche et l’éthique de la recherche spécialement, mais pas exclusivement, pour les étudiants en sciences sanitaires et pour mettre l’accent sur l’importance de la R&D dans l’éducation secondaire et tertiaire.

Les institutions concernées au niveau régional

9. Pour assister les pays par le biais de la collaboration internationale et dans les cas où il ya un besoin identifié de construire et de renforcer la capacité de recherche pour la santé ;

10. Pour travailler par l’intermédiaire d’alliances régionales à promouvoir la recherche, établir des réseaux de chercheurs et des centres régionaux d’excellence, assurer un financement cohérent et durable, améliorer les opportunités d’éducation et de carrière dans la recherche et la gestion de la recherche et renforcer l’harmonisation de la réglementation et des comportements éthiques.

Tous les partenaires et parties concernés

11. Pour exploiter le potentiel de la recherche en s’appyant sur les nouvelles sciences, les technologies émergentes et les innovations sociales et technologiques pour traiter des défis sanitaires prioritaires ;

12. Pour mettre en oeuvre les recommandations du Groupe de Travail sur l’élargissement de la recherche et de l’apprentissage sur les systèmes de santé ; à savoir :

– 1) se mobiliser autour d’un agenda de haut niveau de recherche et d’apprentissage pour améliorer les performances des systèmes de santé,

– 2) engager les décideurs politiques et les praticiens dans l’élaboration de l’agenda de la recherche et l’utilisation de bases factuelles pour éclairer la prise de décision,

– 3) renforcer la capacité des pays pour la recherche sur les systèmes de santé supportés par des initiatives régionales et mondiales,

– 4) augmenter le financement pour la recherche sur les systèmes de santé et l’apprentissage pour faciliter la traduction et l’échange des connaissances ;

13. Pour mettre en oeuvre les recommandations de la Commission de l’OMS sur les déterminants sociaux de la santé, en particulier ceux relatifs à l’équité en santé ;

14. Pour promouvoir la découverte et le développement de, et l’accès aux, produits et technologies liées aux maladies négligées et émergentes qui affectent de manière disproportionnée des pays à revenu faible et intermédiaire ;

15. Pour assurer la participation de la société civile et de la communauté dans le processus global de la recherche, de la priorisation à la mise en oeuvre et l’évaluation des politiques, des programmes et des interventions, et pour appuyer la société civile dans son activité de promotion auprès des principaux décideurs, y compris les politiques pour augmenter l’investissement et l’engagement dans la
recherche pour la santé.

Les bailleurs de fonds de la recherche et de l’innovation et les agences de développement internationales

16. Pour mieux aligner et harmoniser le financement des plans et stratégies des pays pour renforcer les systèmes nationaux de recherche et d’innovation pour la santé en accord avec la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide.


L’appel à l’action de Bamako, version 4.19 Novembre 2008

17. Pour mieux aligner, coordonner et harmoniser l’architecture mondiale de la recherche en santé et sa gouvernance à travers la rationalisation des organisations existantes, pour améliorer la cohérence et l’impact et augmenter l’efficacité et l’équité ;

18. pour investir au moins 5% des fonds d’aide au développement alloués au secteur de la santé poursuivre des mécanismes de financement novateurs de la recherche pour la santé, et allouer ces fonds en accord avec les stratégies de recherche au niveau des pays ;

19. Pour augmenter et assurer de manière durable leur appui dans le renforcement des systèmes nationaux de recherche en santé en particulier au niveau des institutions dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

Les agences multilatérales, ensembles avec les états membres et les partenaires

20. Pour assurer que l’OMS joue un rôle de leadership en assurant que sa stratégie sur la recherche pour la santé et la stratégie et le plan d’action mondiaux sur la santé publique, l’innovation et la propriété intellectuelle à l’unisson de sorte que l’OMS puisse être un guide en donnant l’exemple dans la recherche pour les politiques et la pratique en santé ;

21. Pour promouvoir la recherche pour la santé au sein de l’UNESCO comme une activité intersectorielle importante dans le renforcement de la capacité et dans le conseil promulgué aux gouvernements dans les domaines de l’éducation, des sciences, de la culture et de la communication ;

22. Pour amener le Groupe de la Banque Mondiale et les banques régionales de développement à élargir leur recherche pour la santé comme une partie de leurs programmes de recherche économique et opérationnelle, en mettant l’accent sur la recherche sur les systèmes de santé et l’innovation et les sciences nationales et le renforcement des capacités nationales scientifiques et technologiques ;

23. Pour explorer la faisabilité de l’établissement de la Journée mondiale de la recherche en santé le 18 novembre de chaque année« .


Dado CAMARA

21 Novembre 2008