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Avant le Christ, il y avait la loi de Moise, œil pour œil, dent pour dent, adultérins lapidés. Jésus est venu changer la donne en prônant le pardon.

La lapidation est une des formes de condamnation à mort qui consiste à lancer ou jeter des pierres ou des cailloux sur le condamné jusqu’à ce que mort s’en suive. Elle est connue dans les religions monothéistes. Dans le christianisme, la lapidation est évoquée par Deutéronome et Lévitique respectivement dans leurs chapitres 22.20-24 et 20.10.

« Mais si le fait est vrai, si la jeune femme ne s’est point trouvée vierge, on fera sortir la jeune femme à l’entrée de la maison de son père ; elle sera lapidée par les gens de la ville, et elle mourra […] Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi […] Si une jeune fille vierge est fiancée, et qu’un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront, la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville, et l’homme pour avoir déshonoré la femme de son prochain ». Dt 22.20.24.

« Si un homme commet un adultère avec une femme mariée, s’il commet un adultère avec la femme de son prochain, l’homme et la femme adultères seront punis de mort ». Lv 20.10. Mais l’on remarquera dans Lévitique que l’écriture ne parle pas de lapidation, mais de mise à mort simplement des deux pécheurs. De toute façon, la lapidation est un sujet de polémique et d’interprétation d’époque en époque.

Dans le christianisme, certains théologiens estiment que la lapidation s’exerçait lors de la première alliance que Dieu fit par l’intermédiaire de Moïse. « A l’époque, les gens n’avaient pas une vraie conception du péché et donc lapider quelqu’un pour éviter que le péché ne s’étend était comme normal. Le péché était considéré comme une ‘maladie’ et pour qu’elle ne contamine pas toute une communauté, il fallait tuer le malade. Ce n’était pas vraiment comme un péché vu que c’était écrit dans la Loi », explique Jean-Pierre, un pasteur.

« Ensuite vînt Jésus, qui a pris tous les péchés du monde, il a été crucifié pour tous les péchés, et c’est en ce sacrifice que naît la nouvelle alliance, qui demande le pardon et l’amour. Donc plus de lapidation, etc. La première alliance était de respecter la Loi, puis vînt la deuxième alliance qui efface la première qui est de suivre les enseignements du Christ », ajoute-t-il.

Jésus, en effet, laisse au pécheur de se repentir. Cela nous est rapporté par son apôtre Saint Jean dans ses versets 15-1 à 15-7, ainsi libellé : Cependant tous les républicains et les pécheurs s’approchèrent de lui pour l’entendre. Et les Pharisiens et les scribes de murmurer : Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! Il (Jésus) leur dit alors cette parabole : « Lequel d’entre vous s’il a cent brebis et vient à en perdre une n’abandonne pas les 99 autres dans le désert pour s’en aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’est retrouvée ? Et quant il l’a retrouvée, il la met, tout joyeux, sur ses épaules et de retour chez lui, il assemble amis et voisins et leur dit : réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, ma brebis qui était perdue ! C’est ainsi, je vous le dis, il n’y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repend que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de se repentir ».

Toujours selon Saint Jean, Jésus, le Sauveur, n’a pas eu pour mission de condamner, de tuer la brebis pécheresse, mais d’en prendre soin, de la sortir de son péché. Son opposition à la lapidation est encore plus explicitée dans Saint Jean versets 8-1à 8-11 : « Jésus se rendit à la montagne des oliviers. Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vînt à lui. S’étant assis, il l’enseignait. Alors les scribes et les Pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère ; et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la Loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi donc, que dis-tu ? Ils disaient cela pour l’éprouver afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit : Que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette le premier la pierre « .

« Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers ; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit : Femme où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il condamnée ? Elle répondit : Non, Seigneur. Et Jésus lui dit : Je ne te condamne pas non plus ; vas, et ne pèche plus ».

Denis Koné

Les Echos du 20 Octobre 2012