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Profitant de la conférence régionale du Mouvement citoyen de Kayes, Lansiné Touré, directeur régional de la géologie et des mines a évoqué l’apport des mines d’or dans l’économie nationale en général, leur impact sur le développement de la région de Kayes. C’était samedi 25 octobre au Conseil de cercle de Kayes.

« Impact de l’industrie minière dans la région de Kayes » était parmi les thèmes retenus par le Cena du Mouvement citoyen à l’occasion de sa conférence régionale tenue samedi dernier dans la Capitale du Rail. Cette rencontre, à laquelle ont pris part des cadres du Mouvement qui ont fait le déplacement, a été l’occasion, pour Lansiné Touré, directeur régional de la géologie et des mines pour couper court aux rumeurs qui disent que « le Mali ne profite pas de son or ».

Des explications de M. Touré, il ressort que les retombées financières pour l’Etat au niveau macroéconomique des résultats obtenus depuis l’adoption de la politique minière par le gouvernement en novembre 1998, a atteint largement son objectif, « car le secteur minier constitue aujourd’hui un élément moteur de l’économie malienne en termes de production et d’exportation ».

L’impact sur l’économie nationale, à ses dires, est d’abord macro-économique, à savoir : une amélioration de la balance commerciale, une augmentation du PNB. « La part du secteur minier est passée de 160 milliards à 300 milliards ». La part du secteur minier dans les exportations au compte de l’année 2006, a-t-il souligné, est estimée à 618 milliards de F CFA dans laquelle l’or contribue pour plus de 90 % d’après le rapport de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) sur les perspectives économiques.

Les retombées socio-économiques de l’industrie minière pour les collectivités découlent essentiellement de la patente perçue aux trois niveaux de la hiérarchisation géographique (région, cercle, commune). « La répartition de la patente est comme suit : 15 % pour l’Assemblée régionale, 25 % pour le Conseil de cercle, 60 % pour la Commune ».

Pour le directeur, les collectivités territoriales ont perçu un montant total d’environ 4 milliards de F CFA sur la période allant de 2004 à 2008 au titre de la patente minière.

Investissements volontaires

A côté de la patente et autres taxes payées à l’Etat, ajoutera-t-il, les compagnies d’exploitation minière ont, pour la plupart, pris l’initiative de venir en aide aux collectivités en réalisant, dans le cadre de la responsabilité sociale de l’entreprise et sans obligation de la part de l’Etat, des investissements « volontaires » à caractère social et économique, a poursuivi M. Touré.

Pour accompagner le développement minier du pays, l’Etat doit en principe réaliser certaines infrastructures de base qui pourraient également profiter aux collectivités et populations locales. « Mais, compte tenu de l’étendue du pays et du manque cruel de ressources, il est obligé de gérer au mieux et équitablement toutes ses recettes pour un développement harmonieux de l’ensemble de la nation ».

Pour le directeur, nonobstant ces contraintes, l’Etat tente autant que faire se peut de réaliser des infrastructures de base dans les zones minières à travers la construction et l’entretien de routes carrossables en toutes saisons, les forages d’eau potable, les investissements dans l’électrification rurale, l’éducation, la santé, l’agriculture…

En plus des taxes payées à l’Etat et aux collectivités territoriales, force est de constater qu’en dehors de leurs obligations réglementaires pour le bien-être de leurs employés, les opérateurs des mines industrielles apportent un appui indéniable aux populations locales à travers l’offre d’emplois, les investissements dans les routes, l’éducation, la santé, l’eau potable, l’électricité, l’agriculture et des prestations socioculturelles.

Amadou Sidibé

(envoyé spécial)

28 Octobre 2008