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Dans le souci de valoriser le secteur industriel que les Etats membres de l’UEMOA viennent de procéder au lancement officiel du Programme de Restructuration et de Mise à Niveau de l’Industrie. C’était le 20 juillet 2007, à l’Hôtel Salam, en présence du Commissaire du département du Développement des Entreprises, des télécommunications et de l’Energie de l’UEMOA, M. Geny Amédée AJANOHOUN et du représentant du président de l’Organisation Patronale des Industries du Mali, M. Lanfia Camara. On notait aussi la présence des représentants des corps diplomatiques, et des organisations internationales, régionales et sous-régionales.

Le lancement solennel de ce programme était placé sous la présidence du Ministre de la Promotion des Investissements et des Petites et Moyennes Entreprises et porte-parole du Gouvernement, M. Ousmane Thiam, représentant son homologue en charge de l’Industrie et du Commerce.

Le représentant de la commission a souligné que la politique industrielle commune des Etats membres de l’UEMOA ambitionne de faire, de cette union, à travers une vision partagée, “un acteur significatif de la mondialisation, dans le cadre d’un développement industriel durable”.

En effet, c’est dans le souci de réaliser cet objectif que les Etats membres de l’Union souhaitent développer des relations commerciales avec tous les pays dans un environnement fortement concurrentiel, pour permettre aux entreprises de se procurer les voies et moyens de produire, à des coûts compétitifs, des besoins et services dont la qualité serait alignée sur les normes internationales.

Ainsi, selon le commissaire, sur 2500 entreprises industrielles, à peine 10% bénéficient d’une reconnaissance de la qualité de leurs produits, au regard des standards de référence. C’est pourquoi, la commission de l’UFMOA a ressenti le besoin de procéder à une mutation, dont l’un des objectifs majeurs est d’insérer la création de la richesse au coeur de la problématique du développement, et par conséquent, de recruter son action sur l’entreprise et le secteur privé.

Les préoccupations spécifiques de la commission, d’après le commissaire, sont des questions d’interconnexion électrique, de télécommunications, de sécurisation de l’approvisionnement en énergie à des coûts maîtrisés, et de culture de la performance, qui prennent désormais un relief particulier.

Par ailleurs, le programme de restructuration et de mise à niveau des industries des Etats membres de l’union, n’est pas seulement une composante de la politique industrielle commune, mais aussi et surtout le moyen par lequel se cristallise la détermination de la commission de l’UEMOA à porter, au sein même de nos entreprises, la quête permanente de l’efficacité, une exigence face aux défis qu’ils doivent relever.

Le programme doit tenir compte des exigences de la mondialisation et de l’incapacité des filiales actuelles des entreprises d’exportation de l’Union à promouvoir une croissance économique forte et durable. Dès lors, “ce programme devient une alternative pour préserver et renforcer substantiellement leur capacité à produire de l’espace régional”, a déclaré le commissaire.

En effet, ce programme financé par les Etats membres de l’Union et leurs partenaires, pour un montant de 403 millions de dollars, soit environ 200 milliards de F CFA, va se dérouler en deux phases : une phase pilote de deux ans, où le leadership va relever du niveau régional, et une phase de déplacement national, sous la conduite et la responsabilité directe de chacun de nos Etats. Cette phase pilote est entièrement dédiée au secteur agro-industriel de l’union.

Cependant, dans un souci d’efficacité, et pour prendre en compte la dynamique des pays qui disposent déjà de programmes nationaux de restructuration et de mise à niveau, il a été convenu de procéder à un test sur cinq entreprises par pays.

Notre pays, retenu pour cette première expérience, recevra un texte qui s’illustrera comme interface d’appoint dans le cadre de l’agenda coton textile en particulier dans le domaine de la production d’huiles, où des réponses immédiates doivent être apportées. Cette activité pourrait démarrer au Mali dans la deuxième quinzaine du mois d’Août 2007.

Ce succès du processus, dira le commissaire, repose sur une collaboration étroite entre les secteurs public et privé, en vue de réaliser des activités concrètes et propices à la modernisation, à l’acquisition de technologies appropriées, à l’investissement, à la consolidation et à la création d’emplois.

Quand au ministre Ousmane Thiam, il a témoigné, au nom du Gouvernement malien, l’engagement de notre pays en faveur des Etats membres, à travers la commission pour qu’ensemble, ils puissent relever les défis du développement. Le ministre a également souligné l’importance du secteur industriel dans le cadre de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté dans notre pays.

Malgré tout, les attentes sont loin d’être comblées, a déclaré le ministre, car les ressources locales sont peu transformées, les exportations étant constituées essentiellement de produits primaires : l’or, le coton fibre et les animaux sur pied constituent, à eux seuls, 90% de la valeur des exportations.

Le ministre Thiam dira que, depuis un certain temps, notre pays ne cesse d’accorder de l’intérêt à l’amélioration de la compétitivité des entreprises. Ainsi, depuis janvier 2005, le Gouvernement a adopté ce programme, bâti sur le principe de partenariat public privé, et est partie intégrante de la politique industrielle du Mali.

En effet, compte tenu des nouvelles menaces de la mondialisation, la libéralisation totale des marchés, constitue, pour l’ensemble de nos entreprises, un défi majeur pour l’union en général, et chacun des Etats membres en particulier, pour atteindre les objectifs de croissance économique et de réduction de la pauvreté.

A en croire le ministre, la configuration de nos tissus industriels révèle une nette domination des petites unités particulièrement dynamiques qui, sur certains segments, ont un énorme besoin de mise à niveau pour mettre, sur le marché, des produits manufacturés conformes aux exigences du marché. Ce programme permettra, à cette population d’entreprises à fort potentiel de croissance, de se développer et de tirer profit des opportunités qu’offre la mondialisation.

Le ministre dira ainsi, que la réalisation de ces objectifs, dans la phase pilote, passe par les actions spécifiques tournées essentiellement vers les unités agro-industrielles, et devrait faciliter l’émergence, dans nos Etats, d’unités industrielles plus performantes et viables.

Hady BARRY

23 juillet 2007.