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48 millions d’enfants victimes d’exploitation en Afrique


Hier jeudi 18 Janvier s’est tenu à l’hôtel Sofitel amitié sous la houlette du BIT-IPEC le lancement du projet de lutte contre les pires formes du travail des enfants au Mali.

L’exploitation économique des enfants est une violation des droits fondamentaux de l’homme et constitue un gaspillage inadmissible des ressources humaines pour nos pays. La présente cérémonie s’inscrit dans l’objectif visé et poursuivi par le gouvernement du Mali et l’Organisation Internationale de Travail depuis son démarrage en 1998, à savoir la promotion de la déclaration relative aux principes et droits fondamentaux, au travail en général et spécifiquement la lutte contre les pires formes de travail des enfants.

L’avenir de l’Afrique, surtout celui du Mali dont la population très jeune, dépend de ses enfants.

En juin dernier, lors de la conférence internationale sur le travail, l’OIT a adopté l’objectif d’éliminer tous les pires formes de travail des enfants en 2016 et d’engager ses mandants à mettre en œuvre des programmes assortis de délais en 2008. La représentante du BIT Mme Phan Thuy a déclaré « Nous devrions rendre ces objectifs de 2008 et 2016 réalisables et voir un progrès réel en Afrique en matière d’abolition du travail des enfants et de la réduction de la pauvreté ».

La stratégie adoptée par l’IPEC dans l’appui technique au Mali dans la lutte contre les PFTE est multidimensionnelle. Elle comprend plusieurs étapes et des mesures en vue d’encourager les partenariats multiples et variés qui appuieront des solutions globales et durables.

Ainsi le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga très attaché au sujet n’a pas manqué de souligner que « dans la perspective d’un développement durable, toutes les formes de travail nuisible à l’épanouissement physique, intellectuel et mental de l’enfant doivent être vigoureusement combattues ».

Le Mali ainsi que les autres Etats membres, ont souscrit sans réserve, à un principe de base, qu’on pourrait résumer en ces termes, selon Mme Phan Thuy « la promotion du travail décent n’est réalisable que si les enfants sont à l’école et les parents au travail « .

Pour sa part, le gouvernement du Mali reste déterminé à mettre en œuvre tous les moyens d’action dont il dispose pour éliminer les facteurs qui encouragent la mise au travail précoce des enfants.

Dramane Haïdara, directeur du bureau sous-régional de l’OIT pour le Sahel a attiré l’attention sur le rapport global sur le travail des enfants, publié en mai dernier. Le travail des enfants aurait reculé de plus de 11% entre 2002 et 2006 dans le monde mais force est de reconnaître que le pourcentage d’enfants exerçant une activité économique en Afrique subsaharienne (environ 20%) est actuellement le plus élevé au monde.

Malheureusement, l’exploitation à laquelle sont soumis les enfants de moins de 14 ans est contraire à un plein emploi, productif et librement choisi et pire encore, des enfants y perdent leur potentiel de devenir des adultes productifs.

Le nouveau projet selon Haïdara, permettra la soustraction et la réinsertion des enfants victimes d’exploitation et de trafic. Parallèlement, le projet élargira les opportunités pour 1800 familles urbaines et rurales n’ayant guère d’autres ressources que leurs enfants pour satisfaire leurs besoins de subsistance.

Ces efforts porteront principalement sur quatre régions du Mali ou les pires formes du travail des enfants ont le plus d’incidence, à savoir Mopti, Kayes, Sikasso et le district de Bamako.

A l’animation musicale et théâtrale, l’ensemble instrumental, Assa Kida, l’amie des enfants et le groupe d’enfants de Mali Enjeu ont rendu la fête belle.

F. Mah Thiam Doumbia

19 janvier 2007.