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« Nul n’a le droit de laisser le destin des milliers d’enfants évoluer vers leur propre anéantissement. Un enfant est un enfant. Il a le droit à la protection de tous et devrait bénéficier d’une éducation de qualité ». C’est le cri de cœur de la présidente de l’association « Cris des mères », la commissaire divisionnaire, Mme Sacko Aminata Kane.

Ces propos ont été tenus le samedi 24 mai 2008 à l’occasion du lancement des activités du Centre de récupération, d’insertion socio-économique et de placement des enfants abandonnés et victimes de violences.
Situé à Kalabancoro-Koko-Sikoro, le centre « Cris des mères » compte aujourd’hui en son sein 51 enfants, dont 34 filles. Sur les 51 enfants, 25 ont été raccompagnés en famille.

La création du Centre découle de plusieurs constats.

De 2005 à nos jours, la Brigade chargée de la protection des mœurs et de l’enfance a enregistré 228 cas d’abus sexuels sur des enfants mineurs parmi lesquels 72 cas sur des enfants de 0 à 13 ans, 62 cas sur des enfants âgés de 13 à 15 ans et 2 cas d’attouchement sexuel sur les bébés de moins de 6 mois sans compter les viols simples et collectifs,

les incitations à la débauche et les cas d’inceste, orchestrés en général par des adultes sur les enfants en rupture sociale et familiale.

A tout cela la prolifération des bars, hôtels de passe, maisons closes… Sidérée par cette fréquence des violences faites aux enfants dans notre capitale, la commissaire a su, sur un coup de cœur mais aussi sur la base de pratique vécue professionnellement, établir la passerelle de la coopération entre le public et la société civile en créant l’association « Cris des mères ».

Un des volets, selon Amy Kane, consiste à lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants et d’améliorer leurs conditions de vie mais aussi de recueillir et d’héberger les enfants abandonnés et victimes de violences…

Amy Kane en a profité pour lancer un appel aux plus hautes autorités, aux partenaires techniques et financiers et aux autres structures de prise en charge des enfants de conjuguer les efforts « afin d’éradiquer ce fléau et améliorer les conditions de vie des enfants ».

Elle a fini par remercier Mme Lobbo Touré pour avoir mis à la disposition du centre 3 machines à coudre et offert une prise en charge médicale gratuite à l’hôpital Mère/Enfant le Luxembourg à tous les enfants du centre.

Le DG du FSN a félicité l’engagement de la présidente de « Cris des mères » dont la structure ainsi que ses domaines d’interventions répondent parfaitement à ses dires à la typologie des organisations soutenues par sa structure.

C’est pourquoi, à en croire M. Diarra, le Fonds n’a pas hésité un instant a, s’inscrire comme partenaire stratégique pour le démarrage des activités, mais aussi pour l’accompagnement par la mobilisation d’autres partenaires.

Cette volonté du FSN s’est traduite par un appui institutionnel de 7,8 millions de F CFA pour le centre mais, également d’un don de couvertures, d’habits d’enfants et de jouets d’une valeur de 1,7 millions de F CFA.

« Le cri des pères doit maintenant relayer le cri des mères dans une chaîne effective de solidarité à l’effort de sécher les larmes de ces nombreux innocents qui n’ont rien fait pour mériter ce sort », a dit M. Diarra.

Le chef de cabinet du département de tutelle, les représentants du maire, du chef de village de la Commune de Kalabancoro n’ont pas caché toute leur satisfaction pour l’heureuse initiative. Ils se sont engagés à soutenir de toutes leurs forces le centre.

Une minute de silence a été observée à la mémoire des victimes du séisme en Chine.


Amadou Sidibé

26 Mai 2008