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Le jeudi 6 Novembre 2008, dans les locaux de son département, le minsitre de la Communication et des Nouvelles Technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo, a procédé au lancement des modules thématiques pour le renforcement des capacités des professionnels de la Presse, en présence des représentants des ambassades de Canada, des Etats-Unis, des associations professionnelles de la Presse, des journalistes de renommée internationale, dont Dionansi Bomboté, Thierry Perret, Vincent Traoré…

Un éminent théoricien, Françis Balle, ne disait-il pas que “la formation, qu’elle soit académique ou sur le tas, reste la condition du professionnalisme des médias” ? C’est d’ailleurs à cette assertion que son département souscrit entièrement, a fait savoir la ministre.

L’état de la Presse malienne

Aujourd’hui encore, le Mali fait figure de référentiel dans la sous-région, avec une démonopolisation à outrance des ondes sur lesquelles émettent plus de 400 radios en modulation de fréquence. Et plus d’une vingtaine de titres de la presse écrite, toutes périodicités confondues, sont proposés à un public de plus en plus friand d’informations.

Il faut préciser que ce formidable potentiel s’est consolidé et fortifié grâce à un environnement politique favorable. Mais l’envers de la médaille -et cela doit être absolument corrigé- reste, entre autres, la faiblesse de la formation de beaucoup d’acteurs des médias. Ce qui, allié à la précarité économique du secteur et au non respect des règles essentielles de la déontologie, explique bien de dérives.

De l’avis de la ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies, la Presse malienne, à quelques exceptions près, apparaît comme une Presse d’opinion, tant la prépondérance du commentaire publique l’emporte sur tout le reste. L’autre aspect que Mme Diarra Mariam Flantié Diallo a analysé comme étant une grande faiblesse résulte de l’engagement politique : “quand le journaliste franchit le pas qui sépare la sympathie de la connivence”.

Elle a simplement noté que le pli partisan pris à l’occasion des grands rendez-vous politiques n’a plus disparu et explique, encore aujourd’hui, certaines analyses très orientées. Là, le ministre a rappellé une règle élémentaire de la déontologie : à savoir, l’exigence de l’équilibre dans le traitement de l’information.

“Alors, que vaut tout ce potentiel, en nombre de titres et de radios, sans des ressources humaines bien formées?“, s’est interrogée la ministre, avant de faire savoir que ce souci d’une bonne formation, constamment exprimé par l’ensemble des acteurs, explique et motive la présente initiative, du reste, largement partagée avec les associations faitières de la profession dont c’est également la grande préoccupation.

Qu’en est-il donc de cet important projet?

Selon la ministre, la vocation de l’établissement que le département de la Communication va porter bientôt sur les fonts baptismaux est de dispenser, à l’horizon universitaire 2009-2010, un enseignement de qualité, en parfaite synergie avec le milieu profesionnel.

Il sera largement ouvert à l’espace sous-régional et fournira, aux étudiants, une bonne connaissance des questions de coopération sous-régionales et aidera à la compréhension de concepts comme celui de l’intégration. L’objectif est de mettre, sur le marché du travail, des journalistes polyvalents et immédiatement opérationnels”, a-t-elle ajouté.

Pour conduire cet important chantier, le département s’appuiera sur les experts qui travaillent déjà à ses côtés et souhaite également bénéficier de l’accompagnement de toutes les coopérations dont l’action conjuguée contribue au renforcement des capacités professionnelles des médias.

Déjà, pour l’année 2009, il est prévu d’organiser trois modules thématiques qui vont consacrer le démarrage de la phase Renforcement de capacités. Ces modules traiteront de la radio communautaire, de la presse écrite et de l’audiovisuel. Pour chaque session, 25 postulants seront sélectionnés sur la base de critères professionnels rigoureux.

A ce niveau aussi, je voudrais saluer l’opérateur des télécommunications Orange qui a accepté, à travers sa fondation, de nous appuyer pour l’organisation pratique des sessions dès le début de l’année prochaine”, a indiqué la ministre de tutelle.

Notons qu’elle était accompagnée d’une forte délégation composée de membres de son Cabinet, de partenaires canadiens, français et américains. Elle a profité de l’occasion pour effectuer une visite sur le chantier de la nouvelle Maison de la Presse où elle a exprimé sa satisfaction face à l’avancée des travaux dont l’éxécution est à 35%.

Moussa TOURE

10 Novembre 2008