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Comme réponse à la lutte contre la désertification et les changements climatiques, notre pays a entamé un ambitieux programme de reboisement dont la campagne de 2010 marque le démarrage. Le lancement de ce programme spécial a eu lieu mardi 20 juillet dans l’après-midi en pleine forêt classée de la Faya, sous la présidence du ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, Tiémoko Sangaré, en présence de plusieurs ministres, du maire de Baguineda, du Gouverneur de Koulikoro. Le ministre a annoncé que toutes les autres régions du Mali opèrent ce jour le lancement de leurs programmes spéciaux de reboisement 2010.

Il s’agit de la traduction de la volonté du Gouvernement de la République du Mali de relever le défi de la lutte contre la désertification et les changements climatiques qui constituent aujourd’hui une sérieuse menace planétaire. Pays sahélien, le Mali se trouve particulièrement vulnérable en raison de la dégradation très poussée de ses ressources forestières et de la détérioration des conditions climatiques.

Avec les 2/3 de notre territoire désertique et les sécheresses récurrentes des décennies 70 et 80, les maigres ressources forestières du pays subissent tous les jours de nombreuses agressions anthropiques qui dégradent les écosystèmes forestiers et précarisent subséquemment l’économie nationale.

Selon les estimations de la FAO, le Mali perd chaque année 500 000 ha de forêts du fait du défrichement, de la coupe abusive et anarchique du bois, des feux de brousse, du surpâturage et des changements climatiques, a indiqué le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement Tiémoko Sangaré. « Il est impératif dès lors que cette tendance soit inversée », a-t-il affirmé.

A cet effet, un Programme spécial de reboisement a été initié. Il porte sur 100 000 ha et concerne l’ensemble du territoire national. Pour sa mise en œuvre, toutes les forces vives de la nation sont appelées à s’impliquer, notamment les agents des Eaux et Forêts, les forces armées et de sécurité, la société civile, les collectivités territoriales, le secteur privé, etc.

Tiémoko Sangaré a rappelé l’appui de la jeunesse panafricaine Sûkyu Mahikari, dont notre pays a bénéficié, il y a un mois et qui a planté, en collaboration avec la jeunesse malienne, 200 ha dans la forêt classée de la Faya. « Cette action, qui a bénéficié de l’encadrement du service forestier, a démontré à suffisance, le rôle combien important que peut jouer la jeunesse dans les activités de reboisement. Cet élan de solidarité de la jeunesse panafricaine Sûkyu Mahikari nous interpelle sur la nécessité de mener une réflexion approfondie sur la mobilisation de la jeunesse malienne autour des idéaux de paix, de travail et de patriotisme», a souligné le ministre.

Pour Tiémoko Sangaré, en cette année du cinquantenaire, si chaque Malien plante au moins un arbre, nous aurons au total 13 millions d’arbres soit une superficie reboisée de 32 500 d’hectares. « Donc, à chacun son arbre du cinquantenaire ! », a-t-il lancé en guise de slogan.

La cérémonie de ce 20 juillet s’est déroulée en présence des ministres de l’Elevage et de la Pêche, Mme Diallo Madelaine Bâ, de l’Artisanat et du Tourisme Ndiaye Bâ, du Secrétaire d’État délégué auprès du Premier ministre chargé du Développement intégré de l’Office du Niger, Abou Sow, du Gouverneur de la Région de Koulikoro, Soungalo Bouaré, des députés, du Maire de la Commune rurale de Baguineda, Toumani Diarra, les Partenaires Techniques et Financiers, les Directeurs des Services centraux, les agents des Eaux et Forêts et d’un public nombreux de la population locale.

Elle marquait également le lancement de la Quinzaine du service forestier dans le cadre de la commémoration du cinquantenaire du Mali. « Tous les forestiers du Mali prennent à cet égard l’engagement solennel, par ma voix, de redoubler d’ardeur dans leur mission de protection de l’environnement en général et de reconstitution du couvert forestier en particulier », a dit le ministre.

Pour cet engagement, le ministre les a assurés du soutien total du Président de la République du Mali et du Gouvernement. Un soutien qui s’est traduit par la dédicace au service forestier du prix d’excellence que le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) lui a décerné lors de la cérémonie d’ouverture, le 23 juin 2010 à Bamako, de la treizième session de la Conférence Ministérielle Africaine de l’Environnement, pour son engagement dans la protection de la nature. Cette dédicace fait également suite au fait majeur du retour à l’appellation originelle consacrée « Eaux et Forêts » en lieu et place de « Conservation de la Nature ».

Le lancement du Programme spécial de reboisement 2010 intervient moins d’un mois après l’organisation par notre pays de la treizième session de la Conférence Ministérielle Africaine de l’Environnement (CMAE), au cours de laquelle le Mali a été porté à la tête de ladite Conférence pour un mandat de deux ans.

B. Daou

22 Juillet 2010.