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Qui va lentement, va sûrement ! Ainsi a-t-on certainement pensé dans le camp IBK où l’on a démarré la campagne électorale avec un style assez particulier : s’adresser aux personnes âgées et responsables religieux – sans applaudissements et slogans- pour bénéficier de leurs bénédictions.

Pour un lancement de campagne électorale, IBK n’est pas allé chercher très loin. Il a préféré regrouper les personnes âgées et responsables religieux au palais de la Culture pour leur parler de ses ambitions et intentions afin de recueillir en contrepartie leurs bénédictions. La méthode, si simple soit-elle, n’est pas sans efficacité car cette cible représente un impact considérable dans la vie sociale. En effet, ces leaders d’opinions ont une influence non négligeable sur les familles et peuvent infléchir pas mal de décisions et intentions dans les familles.

Les militants du RPM sont venus nombreux pour soutenir leur candidat, mais ils étaient contraints au silence, par respect pour cette assistance particulière. Comme l’a voulu IBK lui-même : pas de cri, pas de chant, pas de slogan, pas d’applaudissements.

En quelque sorte, IBK entend parfaire son image pendant cette campagne, non sans aller dans le fond de sa pensée car dans un bambara qu’il manipule à merveille, il a dénoncé l’extrême pauvreté qui sévit au Mali. Selon lui, ce phénomène généralisé concernerait à la fois la capitale et les régions du pays. Pour IBK, « les Maliens ne mangent plus ».

Il est clair qu’il place son programme dans le cadre de la lutte contre la pauvreté et a évoqué au passage le classement Pnud qui fait du Mali l’avant-dernier en terme de développement humain. Justement, comme par télépathie, ATT avait déjà pris les devants pour avertir l’auditoire de son lancement de campagne que ce classement n’engage même pas leurs auteurs qui auraient pris des indicateurs de 1972 pour classer le Mali.

Comme le dit si bien IBK : « Les personnes âgées sont les parrains de la cité et il est nécessaire de recevoir leurs bénédictions et encouragements » C’est pour dire que Ladji Bourama a bien la tête sur les épaules en essayant de bien verrouiller la capitale où il se sent vraiment fort, avant d’attaquer l’intérieur du pays où ce ne sera pas une promenade de santé.

Marafa Touré

10 avril 2007.