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Lors de la remise du prix du Co-développement le 11 décembre 2008 au siège de l’Agence Nationale des Etrangers et des Migrations (l’ANAEM), l’ambassadeur de France au Mali, Michel Reveyrand de Menthon a répondu à ses détracteurs qui ont soutenu que notre pays a fait l’objet de pression de la part de la France pour qu’il signe l’accord bilatéral de gestion des flux migratoires.

Le Dr Ibrahim Kané a reçu des mains de l’ambassadeur de France au Mali, Michel Reveyrand- de Menthon, le prix du Co-développement, d’une valeur de 3000 Euros soit environ 2 millions de Fcfa. La cérémonie s’est déroulée le 11 décembre 2008 au siège de l’Agence Nationale des Etrangers et des Migrations (l’ANAEM). C’était en présence du directeur de cette agence Stephan Darmas et de celui du CIGEM, Abdoulaye Konaté.

Ibrahim Kané a poursuivi ses études en France après un doctorat d’Etat à l’école de Médecine et de Pharmacie de Bamako obtenu en 1999. Il a réalisé un projet de pharmacie en 2004 avant de regagner la France pour poursuivre ses études de spécialisation dans le domaine de la Santé. Il sollicite en 2006, l’aide au retour qui a été accordée par l’ANAEM pour 5 millions de Fcfa. Ce qui lui a permis de rénover sa pharmacie et d’augmenter le personnel ainsi que les heures de travail. « L’aide au retour de l’ANAEM est bel et bien réelle », a affirmé Ibrahim Kané.

Ce prix intervient suite à une visite de l’entreprise du lauréat, par l’ambassadeur qui lui a témoigné sa satisfaction en ces termes : « Votre réussite montre que les projets bien conçus et bien conduits réussissent très bien au Mali, ce qui est très encourageant pour tous ceux qui sont attachés au développement du Mali ».

L’Ambassadeur a rappelé que le co-développement a été inventé au Mali, il y a quelques années, notamment avec l’un de ses prédécesseurs, Christian Connan qui s’était beaucoup investi dans cette démarche.

Le Co-développement, c’est le soutien par la coopération internationale à des actions engagées par les migrants, qu’il s’agisse de l’aide au transfert de leurs ressources ou du cofinancement de leurs projets, par exemple pour ce qui concerne la création d’activités économiques nouvelles.

Michel Reveyrand- de Menthon a saisi cette occasion pour parler de la nécessité d’un accord bilatéral de gestion concertée des flux migratoires. « Cette politique se met en place pour la France principalement à travers des accords bilatéraux avec les pays qui le souhaitent, ce qui nous permet par exemple d’aller plus loin que les dispositions communes qui n’ouvrent le marché du travail français que pour un assez petit nombre de métiers, dans un contexte économique d’ailleurs de plus en plus délicat », a-t-il expliqué.

Il dira que l’un des rôles de l’ANAEM est d’organiser l’ouverture vers le marché du travail français, en particulier avec l’ANPE malienne. « Par ailleurs, le CIGEM que le Mali vient de créer avec l’aide de la Commission européenne, est une réalisation très concrète, qui a été bien mise en valeur lors de la conférence de Paris.

C’est le premier centre de ce genre, ce qui montre bien la volonté du Mali de rester très inventif et créatif dans la mise en œuvre de cette politique de gestion des migrations. Nous souhaitons continuer à aller de l’avant dans ce domaine très important des relations entre le Mali et l’Europe, en recherchant toujours les meilleurs manières d’améliorer encore ce que nous faisons déjà fort bien», a ajouté Michel Reveyrand- de Menthon.

Il a par ailleurs déploré l’inexistence d’accord bilatéral entre le Mali et la France, malgré l’ancienneté de la Coopération entre les deux Etats, avant de souligner qu’il est dans l’intérêt de tous d’en venir à cela. Mais selon lui, « contrairement à ce qui se dit, il n’y a pas de pression de la France sur le Mali pour signer un tel accord ». C’est une politique nouvelle qui a besoin de temps pour sa compréhension, poursuit-il.

La France acceptera-t-elle les conditions posées par le Mali pour signer l’accord ? Réponse de Michel Reveyrand- de Menthon : « le constat est que le Mali n’a pas signé ». Comme pour dire que le Mali aurait déjà signé, si la France acceptait ces conditions. Le Mali qui exige la régularisation de tous les sans-papiers maliens en France va-t-il revoir sa copie ? Pour l’ambassadeur, les discussions se poursuivent entre autorités maliennes et françaises, et le président ATT a confirmé qu’il souhaiterait parvenir à un accord, conclut l’ambassadeur.

Boukary Daou

15 Décembre 2008