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C’est devenu une habitude depuis que le Mali a libéré en février 2010 quatre éléments d’AQMI – dont deux Algériens réclamés à cor et à cri par leur gouvernement – pour sauver la vie et obtenir la mise en liberté du Français Pierre Camatte. «Un hôte du Mali» soulignait à l’époque le président ATT. Rendue folle de rage par cette décision vite assimilée à de la complicité avec le terrorisme, l’Algérie a réussi à entrainer la Mauritanie dans le rappel de leurs ambassadeurs à Bamako pour « consultation ». Un rappel qui, contrairement à l’usage diplomatique, durera plusieurs mois.

Abdoulaziz Bouteflika, président de l’Algérie fera également de Nouakchott son alliée dans le boycott de la conférence sahélo-saharienne sur la sécurité et le développement que ATT projetait d’organiser pour donner plus d’efficacité à la lutte contre le terrorisme et les activités criminelles transfrontalières (trafics de drogue, d’armes de guerre, de migrants clandestins vers l’Europe etc.). Cette conférence, qui devait se tenir au niveau des chefs d’Etat et impliquer la CEDEAO, l’Union africaine, l’Union européenne, les Etats Unis d’Amérique et l’ONU, ne se tiendra jamais et Alger s’arrogera le leadership de la lutte anti-terroriste alors que non seulement il n’a jamais brillé en la matière, mais peut être tenu coupable d’avoir exporté le monstre AQMI chez ses voisins du sud.

Avec l’occupation du septentrion malien par les bandits armés de Kidal, associés à son principal ennemi AQMI, la logique voudrait que Alger apporte son appui au Mali en application des nombreux accords sécuritaires signés par les deux pays ou dans un cadre plus élargi. Au lieu de cela que voit-on ?
L’Algérie qui initie une réunion des pays frontaliers dits du champ à Nouakchott pour « s’opposer à toute implication étrangère au Mali ». Une façon de dissuader la CEDEAO d’envoyer des troupes au Mali et, au-delà d’elle, la France qui a annoncé un appui logistique à cette organisation sous-régionale. Ce dont le Mali a le plus besoin pour se tirer d’affaire, selon le chef de la junte militaire, le capitaine Amadou Aya Sanogo.

Officiellement l’Algérie ne veut pas d’une intervention extérieure au Mali parce qu’elle aggraverait les trafics illicites de tous ordres qui sévissent le long de sa frontière avec notre pays. En réalité, sa préoccupation se situe ailleurs. Elle ne veut pas d’un nord Mali stabilisé qui permettrait à Bamako de réunir les conditions idoines pour exploiter le pétrole et le gaz censés se trouver dans le fossé de Taoudénit. Ce qui entrainerait, les autorités algériennes en sont persuadées, un tarissement des puits algériens.

S.D

11 Avril 2012