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L’Algérie a appelé hier à un retour “immédiat” à la légalité constitutionnelle au Mali, réaffirmant son attachement “ferme” à l’unité nationale et à l’intégrité territoriale de ce pays.

“D’Algérie, qui reste fermement attachée à l’unité nationale et l’intégrité territoriale du Mali, et soucieuse de la stabilité de la région à l’instar de la communauté internationale, appelle à un retour immédiat à la légalité constitutionnelle qui permettra d’engager un dialogue entre les Maliens, seule voie pour une solution pacifique à la situation au nord du Mali, conforme aux valeurs qui ont toujours permis d’asseoir la concorde, l’entente et la fraternité entre toutes les communautés de ce pays frère et voisin”, indique le gouvernement algérien dans un communiqué. L’Algérie, qui continue de suivre avec une “grande préoccupation” les développements survenus au Mali, rappelle sa position, exprimée le 22 mars, par laquelle elle a “condamné énergiquement le changement anticonstitutionnel intervenu dans ce pays frère.” “Elle lance également un appel à tous les acteurs afin qu’il soit mis fin rapidement à toutes les actions qui concourent à l’exacerbation de la situation dans le nord du Mali et qui ne font qu’accroître les souffrances de toutes les populations maliennes”, ajoute le communiqué.

L’Algérie réitère son “appel pressant” pour le rétablissement de l’ordre constitutionnel, “seule solution qui réponde aux attentes du peuple malien, qui était à la veille d’une échéance électorale à même de lui permettre de choisir souverainement et librement son leadership.” Par ailleurs, les dirigeants d’Afrique de l’Ouest et la communauté internationale “doivent prendre des mesures immédiates pour favoriser le retour à l’ordre constitutionnel” au Mali après le coup d’État militaire de la semaine dernière, estime l’ONG International Crisis group (ICG) dans un communiqué publié hier. Après le coup d’État militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT), “la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) (…) , l’Union africaine (UA) et les Nations unies doivent établir immédiatement un groupe de contact pour exiger de la junte militaire le respect des droits humains, des libertés civiles et la restauration de la démocratie”, déclare ICG. “Les priorités de ce groupe doivent être la protection des libertés, le rétablissement d’un gouvernement civil démocratiquement élu, le respect de l’intégrité territoriale du Mali et la gestion de sa diversité culturelle dans un cadre institutionnel qui ne soit pas imposé par la force des armes”.

Le coup d’État “est une catastrophe pour le Mali et pour toute l’Afrique de l’Ouest”, s’alarme ICG, qui y voit “une régression spectaculaire.” “Le Mali est vite apparu depuis l’an dernier comme étant le plus vulnérable des pays du Sahel (…)”, rappelle l’institut d’analyse, qui cite notamment une fin de mandat du président Touré marquée “par une politique de sécurité illisible dans le Nord” et “la mise en cause de plus en plus directe d’une hiérarchie militaire accusée pêle-mêle de corruption, de népotisme, de laxisme et d’implication directe dans ‘l’industrie des otages’ et les trafics illicites.” “Le conflit libyen, qui s’est soldé par l’élimination de Mouammar Kadhafi, aura eu l’impact le plus immédiat et le plus dévastateur sur les équilibres précaires qui caractérisaient le Nord-Mali”, avec un retour au pays de combattants touareg surarmés. “Si certains se réjouissent du coup d’Etat”, le “cimetière des expériences politiques africaines est rempli de transitions militaires qui ont mal tourné”, met en garde le think thank, alors que “les comportements sur le terrain des soldats putschistes au lendemain du coup d’État (pillages, braquages de véhicules) augurent mal de la consistance politique de l’initiative.”

InternationalMardi, 27 Mars 2012 10:00

Par : R. I./Agences