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« C’est dommage que le Maroc ne soit pas invité à la conférence sur la bande sahélo saharienne »

Une délégation du Parlement marocain, conduite par Lahbib Eleulj, président de la Commission des affaires étrangères, des frontières, des zones occupées et de la défense nationale à la Chambre des conseillers, a séjourné au Mali les 2 et 3 juillet derniers.

Les parlementaires marocains ont rencontré le président de l’Assemblée nationale et les membres de la commission des affaires étrangères et effectué une visite dans la zone de l’Office du Niger. Au terme de ce séjour, Lahbib Eleulj s’est confié à notre reporter. Il nous parle ici de l’état de la démocratie au Mali et au Maroc, et de la conférence sahélo saharienne à laquelle le royaume chérifien n’est pas invité.


L’Aube : Quel a été le menu de votre séjour au Mali ?

Lahbib Eleulj : Tout d’abord, l’objet principal de notre visite au Mali, c’est de promouvoir les relations interparlementaires entre nos deux pays, échanger les expériences de nos deux pays, promouvoir la diplomatie parlementaire.

Nous avons rencontré le président de l’Assemblée nationale et les membres de la commission des affaires étrangères.

Nous avons constitué un groupe d’amitié parlementaire Mali-Maroc. Nous avons également discuté de certains problèmes que connaît la région au plan sécuritaire. Nous avons manifesté notre désir de participer à la conférence de la bande sahélo saharienne, qui se tiendra à Bamako en fin de juillet. Apparemment, le Maroc n’est pas invité pour cette conférence.

Et c’est bien dommage, sachant que le Maroc, c’est un pays de la région et dont une grande partie du territoire est composée de Sahara et qui connaît des problèmes de sécurité, de migration clandestine, de circulation des armes interdites, de stupéfiants.

Ce qui fait qu’on aurait bien aimé participé à cette conférence. Mais, nos amis maliens n’ont pas partagé cet avis. Je crois que l’avenir sera meilleur pour d’autres événements.

Quelles sont les raisons avancées par les autorités maliennes?

Je crois qu’il ya des considérations politiques, ni plus, ni moins.

Quelle appréciation faites- vous de la démocratie malienne ?

Je dirai que, c’est tout l’avenir du pays. Parce qu’avec la démocratie, le Mali va pouvoir opter pour ses vrais choix. Ce matin, à entendre les frères maliens de la commission des affaires étrangères, on dirait qu’il n’y a pas de conflits entre le Maroc et le Mali.

Et même, on s’est retrouvé avec de très bons avocats qui sont de bons témoins de notre revendication, de nos droits sur le territoire du sud du Maroc qui fait l’objet d’un conflit avec l’Algérie. Ce qui fait que, c’est avec la démocratie malienne que le Maroc retrouvera ses droits légitimes.

Mais, je dirai que sur les plans politique et économique, la démocratie est le meilleur moyen pour tracer l’avenir. Rien que pour cette journée que j’ai passé ici à Bamako, je me suis rendu compte qu’il y a un débat démocratique qui permettra d’œuvrer dans le bon sens.

Parce que, quand vous avez un parlementaire qui ose parler, qui conteste certains comportements, qui discute des choses qui reflètent le désir de la population, c’est que l’administration retrouve sa place au service de la population. Je crois que c’est un acquis considérable. Et je crois que le Mali va gagner beaucoup de temps grâce à l’implantation de la démocratie.

Et au Maroc, comment se porte la démocratie ?

Au Maroc, je considère que nous avançons. Je crois que c’est une étape nécessaire. C’est vrai que nous sommes un pays jeune, nous avons des difficultés de l’application, mais il y a une volonté commune, une certaine maturité entre la monarchie, entre les partis politiques et même la société civile pour aller au devant de l’application d’une mise en place d’une démocratie moderne.

Vous quittez le Mali satisfait de votre visite ?

Je suis certainement satisfait, mais je ne quitte pas le Mali. Je garderai le Mali dans mon cœur et je retournerai Inch Allah.


Recueillis par SEKOU TAMBOURA

07 Juillet 2008