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« Cette fois plus de doute : la troisième vague redoutée est là, s’exclame Jeune Afrique, et les chiffres repartent à la hausse. Aggravée par la dissémination du fameux variant Delta initialement identifié en Inde, la contagion touche toutefois le continent de façon très hétérogène. Les chiffres sont ainsi assez inquiétants au Nord, surtout en Égypte et en Tunisie (où l’on vient de passer le cap des 400 000 cas). La situation au Sahel et en Afrique de l’Ouest est, à l’inverse, beaucoup plus calme, à l’exception du Liberia et de la Sierra Leone où les chiffres de la fin du mois de juin sont préoccupants. Mais ce sont surtout l’Est et la partie australe du continent qui souffrent actuellement, pointe Jeune Afrique. À l’Afrique du Sud, durement frappée dès le début de la pandémie, viennent s’ajouter le Rwanda, le Kenya, l’Érythrée, la RDC (où le nombre de cas actifs depuis ces cinq dernières semaines a quintuplé) et, surtout, un trio particulièrement alarmant composé de l’Ouganda, de la Namibie et de la Zambie, cette dernière ayant atteint le cap des 2 000 décès. »

Le manque de vaccins

« Le problème est que cette troisième vague intervient alors que le continent doit faire face à une pénurie de vaccins, souligne pour sa part Le Point Afrique. Bien que huit vaccins se soient avérés sûrs et efficaces et qu’ils aient été inscrits sur la liste des vaccins d’urgence de l’OMS, les expéditions vers l’Afrique se sont taries. Seules 15 millions de personnes – soit 1,2% seulement de la population africaine – sont entièrement vaccinées, contre 11% des personnes dans le monde et plus de 46% des personnes au Royaume-Uni et aux États-Unis. “C’est une course contre la montre, la pandémie est en avance sur nous. En Afrique, nous ne sommes pas en train de remporter la bataille contre le virus”, avertit John Nkengasong du CDC Africa. »

Défaillances

Pour couronner le tout, le continent doit faire face à des problèmes d’approvisionnement et de gestion des stocks, relève encore Le Point Afrique : « Une flambée des cas en Inde, principal fournisseur de vaccins AstraZeneca, a retardé les livraisons par le biais du dispositif Covax de l’OMS. Mais en plus du manque d’approvisionnement, le continent a accumulé les doutes et les défaillances. Des pays dotés de vaccins n’ont pas réussi à les administrer avant leur péremption. Le Malawi a détruit en mai près de 20 000 doses périmées. La République démocratique du Congo et le Sud-Soudan en ont renvoyé plus de deux millions. Ou encore L’Afrique du Sud a dû détruire 2 millions de doses après une erreur lors de la fabrication. À ce jour, 18 pays africains ont épuisé la quasi-totalité des vaccins envoyés par l’OMS. »

Inquiétude aussi au Sénégal

L’Afrique de l’Ouest reste donc relativement épargnée par cette 3e vague, mais les chiffres augmentent sensiblement dans certains pays.

Comme au Libéria ou en Sierra Leone, on l’a vu, mais aussi au Sénégal, « les cas et les décès explosent », s’exclame ainsi le quotidien 24 Heures. « Force est de reconnaitre que, au regard des chiffres rendu publics par le ministère de la Santé et de l’Action sociale, le Sénégal est entré, de plain-pied, dans sa 3e vague de Covid-19, soupire WalfQuotidien. La preuve, [ce mercredi], sur les 2 388 tests réalisés par l’Institut Pasteur de Dakar et l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation, 356 cas sont revenus positifs au coronavirus soit un taux de positivité de 14,91%. »

Pour Cheikh Oumar Sy, ancien député à l’Assemblée nationale, interrogé par le journal, « “on se rend compte finalement de notre niveau d’irresponsabilité publique face à la gestion de la pandémie. Entre tournées économiques (inopportunes) et manifestations de l’opposition, ce sont les Sénégalais lambda qui y perdent la vie. Notre égoïsme nous pousse à faire fi de notre responsabilité collective”, martèle Cheikh Oumar Sy. Avant de prédire le pire : “cette vague sera plus meurtrière que les précédentes”. »

Source: RFI.FR