Partager

Pourquoi l’Harmattan sollicite leur concours ?

L’étau se resserre de plus en plus autour de l’auteur ou des auteurs du livre ATT-Cratie : la promotion d’un homme et de son clan édité en septembre 2006 par la maison d’édition l’Harmattan.

Le livre en question, dont le ou les auteurs seront bientôt démasqués dénonce les dérives vrais ou supposées du pouvoir du président Amadou Toumani Touré. Mais, au-delà d’ATT, le nom de plusieurs citoyens maliens ou étrangers sont cités comme étant impliqués dans des malversations. Parmi ceux-ci, il y a M. Seidi Mohamed, PDG de la Société Ivoirienne de Concept et de Gestion (SICG) que le Sphinx traite de tous les noms d’oiseau. Seidi Mohamed a estimé que l’Harmattan a porté atteinte à son honneur et à sa dignité. C’est pourquoi il a porté plainte contre la maison d’édition l’Harmattan pour diffamation.

Le procès est prévu pour le 17 janvier prochain à Paris. Mais, la principale révélation dans cette affaire est l’invocation du nom de quatre hautes personnalités maliennes citées par l’Harmattan pour être son témoin à la barre lors du procès. Ces personnes sont : M. Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK), président de l’Assemblée Nationale du Mali et du Rassemblement Pour le Mali (RPM) ; M. Moussa Balla Coulibaly, président du Conseil Economique Social et Culturel du Mali ; M. Jeamille Bittar, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM) et enfin M. Amadou Doucouré, président de l’Ordre des Architectes du Mali. La révélation a été faite hier après-midi à l’Hôtel Sofitel Amitié de Bamako lors d’une conférence de presse. Les animateurs de ce point de presse étaient : Me Jacques Verges, Me Jean Charles Tchicaya et Me Harouna Tourreh, tous les trois commis par le PDG de la SICG, M. Seidi Mohamed pour défendre ses intérêts.

IBK, MOUSSA BALLA COULIBALY, BITTAR ET AMADOU DOUCOURE A LA BARRE LE 17 JANVIER ?

Le Tribunal de Grande Instance de Paris, saisi d’une plainte en diffamation déposée le 29 novembre 2006 par l’homme d’affaires Ivoiro-libanais, M. Seidi Mohamed dans le livre incriminé ATT-Cratie, a fixé la date du procès pour le 17 janvier 2007. Il faut rappeler que M. Seidi Mohamed est un entrepreneur qui évolue dans le domaine de l’immobilier. Il est le promoteur des Halles de Bamako, le plus gros marché moderne de la capitale malienne. Les avocats de l’homme d’affaires Ivoiro-libanais réclame 1 million d’euros à titre de dommages et intérêts et 100 euros sur chaque livre vendu.

Dans une interview accordée à RFI que nous avons décriptée et reproduite dans notre parution du lundi 26 décembre 2006, IBK a déjà décliné l’invitation de l’Harmattan à Paris pour témoigner à sa faveur à la barre. Les trois autres témoins cités par la maison d’édition du livre ATT-Cratie, à savoir Moussa Balla Coulibaly du Conseil Economique Social et Culturel (CESC) ; Jeamille Bittar de la CCIM et Amadou Doucouré de l’Ordre des Architectes du Mali vont-ils faire le déplacement pour Paris ? Rien n’est moins sûr, mais nous informeront nos lecteurs de la suite de cette affaire s’il plaît à Dieu.

L’HARMATTAN SERA-T-ELLE PUNIE POUR LE CRIME ?

Nombreux sont les acteurs et observateurs de la scène politique malienne qui ont déploré le comportement peu orthodoxe de l’Harmattan qui a accepté de publier une lettre anonyme qui porte atteinte à l’intégrité morale de tout un peuple au-delà des personnes citées dans ATT-Cratie. Dans les explications données par les avocats de M. Seidi Mohamed, il ressort que le pseudonyme existe un littérature.

D’ailleurs, beaucoup de romans ont été publiés dans ce sens ; mais ces romans n’apportent pas d’accusations graves à l’endroit d’honnêtes citoyens. “C’est facile de salir quelqu’un. Notre objectif est de faire payer la maison d’édition l’Harmattan qui a spéculé sur la diffammation. Nous allons lui clouer le bec”, a martelé Me Jean Charles Tchicaya.

Pour Me Jacques Verges, le procès du 17 janvier 2007 à Paris s’annonce comme un combat de gladiateurs avec des populations africaines pour amuser le public français en cette période de précampagne électorale où on assiste à une montée de la xénophobie en France. Deux de choses l’une : où on veut compromettre les quatre personnes citées par l’Harmatan où ces personnes sont les acteurs du livre incriminé.

En tout cas, l’Harmattan les a indexées comme des personnes susceptibles d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur le ou les auteurs du livre ATT-Cratie.
Tout comme fait, le “Sphinx” a des valeurs morales, c’est pourquoi, il faut impérativement le démasquer.
Daba Balla KEITA

11 janv 07